Chiens de sang

Publié par Frédéric POILBOUT | 12:46 Le 31 octobre 2009
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Karine Giebel,
éd. Fleuve noir, 283 p.
A partir de 14,16 € sur Amazon.fr

Ce thriller a du chien. La formule est un peu facile et pourtant bien vrai. Karine Giebel nous fait mordre la peur à pleine dent. Phrases courtes, haletantes, comme le pouls de ces personnages qui sauveront ce qu'ils peuvent.



La romancière tisse une parallèle tendue entre un homme Rémy, sans le sous qui a le tort de sauver un riche d'une agression et Diane une photographe en mission dans les Cévennes. Une jeune fille a été assassinée dans ce coin désert et merveilleux. On lui dit donc sagement de se méfier. L'appareil en bandoulière, elle traque les beautés de la nature jusqu'à ce qu'elle surprenne au cœur de la forêt l'irréparable devant ses yeux. La course à la vie commence dans ces bois où les hommes sont des proies chassées par les pires instincts. Elle creuse d'étroits sillons dans ces êtres blessés qui dévoilent entre deux souffles brisés une part de leur histoire et de leur vérité. Rémy n'aurait jamais été la victime de cette chasse humaine s'il n'avait pas commis avant un tel écart... Chiens de sang vous happera l'oeil jusqu'au dernier souffle parce qu'il y a là tous les ingrédients pour fournir des frissons en pagaille. Silence, suspens, pesanteur, on aime ressentir cette frousse des sous-bois sordides qui vous court l'échine jusqu'à l'issue, hors des sentiers battus... Ah thriller quand tu nous tiens !

Arthur Rimbaud

Publié par Frédéric POILBOUT | 12:27 Le 30 octobre 2009
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Pierre Brunel,
éd. Puf, coll. Figures et Plumes, 125 p.
A partir de 11,40 €sur Amazon.fr

Les éditions Puf lancent une nouvelle collection intitulée Figures et Plume. Ces petits ouvrages, riches en illustrations, citations et anecdotes racontent la vie des grands de l'Histoire et de la littérature. Six biographies sont déjà parus : Charlemagne, Napoléon, Dumas, Shakespeare, Socrate et Rimbaud.



Pierre Brunel, professeur émerite de littérature comparée, s'est attaché à nous restituer tout le génie et la fougue de l'impétueux Rimbaud, étoile filante de la poésie. Retour sur son passé maudit à Charleville. Les photos nous dévoilent ces « tristes trous ». Pour toute évasion, il y a les romans d'évasion et puis très vite l'écriture, comme un éclair. A 16 ans, Rimbaud fait sa première fugue, direction Paris où se réunissent les Parnassiens, groupe de poètes dont il veut faire partie. Recueilli par la police, le poète en errance revient à la case départ. Dés lors il déambule, désenchanté, il chante sa voyance et sa « liberté libre ». 1871 sonne le début d'une relation infernale avec Verlaine qui échoue en prison après avoir tiré sur son alter ego. Une saison en enfer répond comme un lointain écho à cette ère de souffrance et d'errance en Europe. Les Illuminations achèvent son parcours littéraire et occidental.

L'Orient qui sonne le lointain lui donne une nouvelle virginité, celle d'un vagabond sans plume en quête d'un perpétuel ailleurs qui se nommera tantôt Chypre, Aden ou Harar. Nul endroit où « l'homme aux semelles de vent » ne posera plus ses vers. Rimbaud est une énigme infinie et ce parcours illustré nous donne à voir avec clarté les traits de cette silhouette magnétique et envoûtante.

Roland Garros 2008 : Vu par les plus grands photographes de tennis

Publié par Frédéric POILBOUT | 12:24 Le 29 octobre 2009
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Patrice Dominguez,
Tana éditions
A partir de 23,75 € sur Amazon.fr

Le tournoi de Roland Garros, épopée tennistique de haute volée, renouvelle chaque année des rencontres fascinantes, des exploits chevaleresques et des déconfitures poignantes. Roland Garros, ce sont 15 jours pendant lesquels le public français vibre avec passion aux coups droits et aux revers magiques de nos sportifs. Pour les aficionados du genre, cet ouvrage illustré par les plus grands photographes de tennis est un vrai cadeau plaisir.

Les clichés, grands formats, pris sur le vif de l 'exploit, du geste parfait ou de la grimace douloureuse figent les instants cachés d'un sport hissé au rang de mythes. Parmi les héros 2008, on suit le parcours du génie Monfils, on partage le bonheur d'Ivanovic, et l'on salue la toute puissance incontestée du maître des lieux, Rafael Nadal. Tous ces portraits de sportifs en action donnent à voir d'authentiques émotions, et ce sont bien là les trésors de ce beau livre qui célèbre les plus grands matchs et la fête du tennis.

25 Noëls en musique, livre + CD

Publié par Frédéric POILBOUT | 12:22 Le 28 octobre 2009
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Sophie Humann,
éd. Actes Sud Junior, 57 p.
A partir de 21,85 € sur Amazon.fr

Pour raconter la célébration chrétienne du 25 décembre, Sophie Humann a eu la bonne idée de rendre compte des us et coutumes des pays d'Europe. Que font nos voisins tchèques, espagnols, estoniens pour célébrer ce jour de fête ? Le livre illustré par cinq artistes nous présente ainsi à la fois les traditions des pays et les paroles des différents chants de Noël que l'on peut écouter sur le CD joint.



Au détour de ce périple européen, on apprend que le père Noël est en Autriche une jeune fille vêtue de blanc nommée Christkindl alors qu'en Italie c'est la Befana, une vieille sorcière qui apporte des jouets le jour des Rois. Bons et mauvais esprits rôdent en ce jour si particulier où toutes les maisons s'illuminent et s'animent de mets spéciaux. L'auteur passe en revue quelques uns de ces plats traditionnels du jour sacré : riz au lait au Danemark, cougnous en Belgique, biscuit sec au pavot en Lituanie ou christmas pudding au Royaume-Uni. Voici donc un beau livre à déguster en famille comme un calendrier de l'Avent.

Croisière jaune

Publié par Frédéric POILBOUT | 12:20 Le 27 octobre 2009
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Zolma,
éd. Jigal, 208 p.
A partir de 15,20 € sur Amazon.fr

Pour sauver son agence de la ruine imminente, Lily Verdine, détective privée, reçoit une mission d'un piètre genre : pister le mari volage de Maryse Pradelles pour lui apporter les preuves de ses suspicions. Voilà donc aussitôt notre Lily fureteuse à Montauban, siège selon les dires de la bourgeoise trompée, du péché capital d'Emile Pradelles.



Son arme pour braver les périls et surprendre l'interdit : le mensonge, en toute occasion. Il faut dire que Lily a un certain talent pour inventer des fables et creuser là où l'on irait pas forcément mettre le nez. Le doute commence doucement à s'installer quand elle se rend compte que les indices d'un éventuel cocuage sont minimes, voire inexistants... C'est que pour une fois son enquête ne va pas être aussi chiante « qu'un dimanche après-midi chez Tatie à la Patte d'oie de Gonesse. » Surtout quand le fameux Emile se trouve mêlé à une sombre, très sombre histoire de trafic, et, pour piquer un peu plus la sauce, que sa connaissance, trouvée dans le coin, un certain Marc, se met à faire une grosse bêtise à son patron dézingueur.

On aime le style de Zolma le rouge. Il y a une constante ironie acerbe chez cet écrivain qui fait de ces chutes des délices amers. Un zeste Voltairien et une pincée de Bakounine dans ces images caustiques. La société bourgeoise, étriquée et exploitante en prend pour son grade. Le travail et son petit lot de profiteurs égoïstes n'est pas qu'une croisière s'amuse, plutôt un naufrage pour l'espèce humaine. Au-delà de l'intrigue, c'est tout ce suc critique et corrosif qui fait le sel de ce polar bien foutu.

L'héritier de Dracula

Publié par Frédéric POILBOUT | 11:45 Le 26 octobre 2009
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Récit de Sam Stall, Illustrations, de R. Sarkany
éd., Tornade
A partir de 21,85 € sur Amazon.fr


Le récit commence par cette formule redoutable : tournez les pages, si vous l'osez. Évidemment on ose et pour cause, il s'agit de traquer du vampire et pas n'importe lequel l'héritier de Dracula ! On est tout de suite emporté dans cette énigme interactive qui nous rappelle les livres dont vous êtes le héros de notre enfance. Ici le lecteur est dans la peau d'un détective qui commence par découvrir la lettre récente de Jon Kelso, avocat américain. Ce dernier est chargé des affaires d'une certaine Lady Goldaming : elle lui confie des documents qui le ramènent à l'existence supposée de créatures vampiriques. Kelso qui ne croit pas un mot à ces histoires de démons aux longues dents contenues dans ces documents (comme nous d'ailleurs, il faut bien le dire) décide de rendre public ce fameux paquet lourd de plus d'un siècle de fantasmes et de cauchemars. L'avocat avoue son échec face aux mystères qu'il contient. A nous de faire mieux que lui.

On découvre en premier lieu la lettre du docteur John Seward au fameux chasseur de vampires Van Helsing : l'énonciateur redoute, dix ans après la fin supposée de Dracula, le retour d'un vampire, comme le laisse supposer une série de décès étranges dans le Nord du Yorkshire. Van Helsing lui répond qu' il juge l'affaire suffisamment urgente pour intervenir : selon ses propres recherches, le vampirisme n'est pas éradiqué. Les multiples documents joints à ces lettres et à ces extraits de journaux intimes ajoutent un surplus amusant d'effet de réel dans cette enquête qui nous mène au dernier cahier scellé (c'est authentique) par l'éditeur. La lumière est à l'intérieur.... Ce livre a défaut de vous consacrer meilleur détective vous « vampirisera » sans nulle doute par son suspens et sa réalisation fort bien léchée. On applaudit le réalisme de cet ouvrage ludique qui nous pousse, par ses mises en abime successives et ses tours de passe passe, à croire de plus en plus aux vampires. Ce qui reste définitivement réel, c'est d'avoir passé un bon moment à dénicher l'identité du terrifiant vampire...

Sex Toys pour hommes

Publié par Sébastien MICHEL | 10:44 Le 22 octobre 2009
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Contrairement aux idées reçues, le plaisir masculin reste méconnu des femmes… et pire ! des hommes eux-mêmes. Beaucoup d’hommes passent à côté d’un plaisir intense, mieux contrôlé et plus libéré : heureusement, leurs compagnes ont envie de les chouchouter et s’intéressent de près aux ressorts du plaisir masculin, pour mieux le leur faire découvrir. Tout n’est pas perdu !

Au travers d’une exposition ludique et pas prétentieuse, les lovestores Passage du Désir souhaitent participer à mieux faire connaître le plaisir masculin avec de la présentation des conseils d’experts et de sex toys innovants spécialement conçus pour les hommes, sujet qui attise toutes les curiosités ! Cette exposition est proposée dans les lovestores parisiens Passage du Désir ainsi que de manière encore plus détaillée sur le site www.passagedudesir.fr à partir du 14 octobre 2009.

"J love you"

Pour la théorie :
Des experts ont bien voulu donner leur point de vue sur le plaisir masculin et nous faire partager leur vision « d’un mec, comment ça marche ? » :
- Brigitte Lahaie, confidente de centaines d’hommes grâce à son émission sur
RMC
- Le Docteur Pascal Benoist, médecin et sexologue,
- Christian Pallix, fondateur de la marque de cosmétiques du plaisir YesForLov,
- Masanobu Sato, champion du monde de masturbation masculine et
directeur international de Tenga (la marque de sex toys pour hommes
japonaise)
Des vidéos sont donc disponibles en boutiques et sur le site pour les curieux.

Pour la pratique :
L’exposition « les Sex Toys pour Hommes Expliqués aux Nul(le)s » s’articule autour de 10 Travaux Pratiques, comme : « A la conquête de ma prostate », « Laissez-la faire », « Occupe-toi de tes fesses », « Préliminaires masculins pour orgasme en béton », « Piquez-lui son vibro », « la masturbation masculine, c’est bon »… Ces travaux pratiques tentent de démonter une idée reçue bien installée dans les mentalités au sujet du plaisir masculin : nos clients des lovestores nous prouvent tous les jours que beaucoup d’hommes sont persuadés avoir une sexualité basique et linéaire, alors qu’elle est beaucoup plus subtile qu’ils ne le pensent. Ces travaux conseillent donc aussi des produits, des outils de plaisir, design et appropriés pour mieux découvrir son plaisir et pouvoir mieux le partager.

Exposition « Les Sex Toys pour Hommes Expliqués aux Nul(le)s »
Dans les lovestores Passage du Désir et sur www.passagedudesir.fr
Du 14 octobre 2009 au 15 février 2010.
Passage du Désir, les Lovestores
23, Rue Sainte-Croix de la Bretonnerie 75004 Paris
11, Rue Saint-Martin 75004 Paris
www.passagedudesir.fr

Le bonheur selon Confucius

Publié par Frédéric POILBOUT | 23:01 Le 19 octobre 2009
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Yu Dan,
éd. Belfond
A partir de 17,10 € sur Amazon.fr


Confucius a vécu il y a plus de 2500 ans. Son enseignement a été compilé par ses disciples pour former Les Entretiens. Les vérités limpides de Confucius ont traversé la Chine et les siècles pour se faire entendre aujourd'hui partout dans le monde. L'auteur Yu Dans se fait à son tour l'écho de la pensée du maitre ancestral. Elle en propose une relecture moderne comme le montrent les nombreux exemples actuels qui parsèment et illustrent les formules intemporelles de la voie radieuse. Que nous dit Confucius le sage ?



Son idéal tient dans l'harmonie, voilà le mot-clé : harmonie du ciel, de la terre et l'humanité. C'est la satisfaction, la joie entretenue, la courtoisie qui rendent honorables et font de l'homme un « junzi », c'est-à-dire un être honorable guidé par « la bonté sans inquiétudes, la connaissance sans incertitudes le courage sans peur ». Fidélité, tolérance, humanité, équité sont les valeurs d'une sagesse acquise avec l'expérience. Confucius attache en effet plus d'importance aux actions qu'aux paroles. Ses principes touchent directement à notre perception de soi, des autres et du monde. Chacun de nous possède en somme le bonheur, quelle que soit notre condition. Suivant la lecture de ses formules claires et laconiques, Confucius est un guide magnifique pour nous aider à re-trouver cette félicité cachée. Si à l'issue de cet ouvrage, vous ne l'avez toujours pas dénichée, vous vous sentirez, quoi qu'il arrive toujours un peu mieux et sans nulle doute allégé de quelque poids néfaste.

Une voiture n’est utilisée par son propriétaire que 25% du temps et coûte en moyenne 4000€ par an. Une somme non-négligeable en ces temps de crise… Zilok propose un moyen simple, économique et écologique de rentabiliser sa voiture en la louant près de chez soi, à des particuliers.

Le principe est simple : d’une part un propriétaire qui n’utilise pas sa voiture tous les jours. De l’autre un locataire qui cherche une voiture pas chère à louer près de chez lui. Le site www.zilok.fr les met en relation et encadre la location grâce à un contrat et à une assurance créée sur-mesure.



Les français ont découvert depuis un moment les bienfaits de la location : 6 millions de voitures sont louées chaque année en France, pour une durée moyenne de 4,5 jours. Des trajets vacances certes, mais de plus en plus de citadins abandonnent leur voiture pendant l’année au profit des transports en commun.

« Depuis quelques années, nos rues ont vu fleurir des initiatives mêlant utilisation de la voiture et développement durable : autopartage, co-voiturage… Zilok apporte une nouvelle alternative, innovante et surtout « gagnant-gagnant» pour tous : le propriétaire gagne de l’argent, le locataire en économise et la planète ne s’en porte pas plus mal ! » déclare Marion Carrette, co-fondatrice du site Zilok.com.

Zilok est le premier site dédié à la location en ligne qui permet à chacun, particulier comme professionnel, de louer et mettre en location tout type de biens, tels que des décolleuses à papier peint, des rainureuses, des scies...

Trouver un stage ou un job en Europe pour l’été…

Publié par Sébastien MICHEL | 11:45 Le 17 octobre 2009
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Vous souhaitez acquérir une expérience significative à l'étranger ? Combiner expérience professionnelle et pratique d'une langue étrangère ? Partager la vie quotidienne d’autres citoyens européens ? Pour trouver votre stage ou votre job d'été en Europe, un seul site : www.touteleurope.fr

Drapeau européen

L’Union européenne encourage la mobilité des citoyens en facilitant leur déplacement (démarches administratives, protection sociale). Retrouvez sur touteleurope.fr toutes les informations pratiques pour travailler en Europe cet l’été :
- les adresses utiles et tout ce qu’il faut savoir pour partir tranquille (protection sociale, papiers indispensables…)
- les informations pour travailler au pair
- les programmes permettant de faire un stage en entreprise
- les conditions pour faire un stage dans les institutions communautaires

Pour plus d’informations :
http://www.touteleurope.fr/fr/vos-droits-et-demarches.html
(Fiches d’information coproduites avec service-public.fr)

A propos de Touteleurope.fr, portail français sur les questions européennes :
Touteleurope.fr est géré par le Centre d'information sur l'Europe (CIE), groupement d'intérêt économique fondé en 1992 par le gouvernement français et la Commission européenne. Touteleurope.fr propose aux internautes une information pédagogique sur l’Europe (cartes d’Europe, animations, fiches pratiques, adresses utiles…), un suivi quotidien de l’actualité européenne, un espace de débat pour parler d’Europe.

Le testament des glaces

Publié par Frédéric POILBOUT | 11:36 Le 16 octobre 2009
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Emmanuel Hussenet,
éd. Transboréal, 224 p.
A partir de 17,10 €sur Amazon.fr

Les glaciers fondent, les pôles se dissolvent; en cause bien sûr, le réchauffement climatique. Un constat maintes fois repris aujourd'hui et qui pourtant n'est encore pris à la bonne mesure. Emmanuel Hussenet, habitué des expéditions polaires, rapporte combien cette glace du Spitzberg, du Groenland et des autres contrées froides meurent à petit feu. L'aventurier nous dit son lien, son amour et son respect immense pour ces espaces blancs, fascinants et sacrés que l'homme, prométhéen dans toute son horreur, blesse à coup de progrès démesuré afin d'assurer son capital et ses ambitions. Ainsi quelque part dans le pacifique, loin des routes maritimes, un continent d'ordures, grand comme six fois la France, croît à mesure que les Pôles décroissent. « La perdition de la glace est concomitante de l'abandon du champ spirituel ». Ce qui fond, ce n'est pas seulement la glace, c'est notre lien avec le sacré, l'âme de cette nature que l'on ne voit plus.

Conséquence de cette désintégration des pôles, une désorientation de l'être: « nous ne savons plus qui nous sommes. » L'auteur file cette analogie entre les glaces, à la verticale de la Terre et le sacré qui est aussi notre verticalité. Les Inuits, peuple semi-nomade, qui ont gagné leur sédentarité avec le progrès, ont perdu de cette vision ancienne et animiste. Ils sont passés en un rien de temps de l'ère de la chasse à l'ère d'internet, et cette transformation subite n'est pas sans laissée quelques séquelles. Il faut donc retrouver nos pôles magnétiques, notre sens du sacré et de l'aventure. le baroudeur des glaces s'inscrit dans ce sens dans le discours d'écologiste réfléchi à l'image de Nicolas Hulot. L'essentiel aujourd'hui est désormais pour préserver ce qui nous reste des beautés de la terre, de placer la nature avant l'homme. Partir, s'engager dans l'aventure, c'est prendre conscience véritablement de notre Terre, sa fragilité et la nécessité de la rétablir sur son trône. Un témoignage puissant, sensible et sincère qui nous invite à une réflexion profonde sur la place de l'homme dans le monde.

Matière et mémoire

Publié par Frédéric POILBOUT | 11:32 Le 15 octobre 2009
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Henri Bergson, édition critique sous la direction de Frédéric Worms,
éd. Puf, 522 p.
A partir de 18,05 € sur Amazon.fr

Matière et mémoire est le deuxième livre publié par Bergson en 1896. On pourra dire en substance qu'il y a là la matière féconde de l'œuvre à venir. Jusque là tout est clair... Entrer dans la pensée d'Henri Bergson n'est en effet pas chose aisée pour le simple lecteur non averti (même si vous vous dîtes après tout que vous avez eu 10 en philo au bac...). Disons que la réflexion, dense, n'est pas aussi simple qu'une histoire d'amour à la Marc L. Jusque là encore tout est clair. Alors mettons donc les pieds dans le plat ou plutôt dans la matière...



Bergson veut retirer à notre mode de connaissance le masque encombrant de l'espace. Ce dernier nous voile en effet la réalité de l'esprit et de la matière mais aussi la relation entre ces deux ingrédients... Là évidemment tout devient nettement plus... profond. En fait, Bergson est un éclaireur moderne qui veut dépoussiérer quelques vieilles données de la métaphysique, notamment celle posées par le sacro-saint Descartes. Pour Bergson, le problème n'est pas spatial mais temporel : le corps est le lieu du présent tandis que l'âme est celui du passé où siègent les souvenirs. Le cerveau est ce lien primordial qui projette cette mémoire dans le présent. A ce propos, le philosophe distingue clairement deux formes de mémoire (rappelez-vous le, dorénavant !) : la mémoire habitude qui a l'automatisme de la récitation apprise pas cœur et la mémoire pure qui incarne le passé (Ah les beaux jours d'antan que l'on évoque en contemplant l'album souvenir !). Le passé se survit ainsi dans deux formes distinctes : « dans des mécanismes moteurs et dans des souvenirs indépendants ». Bergson nous révèle donc un peu de la formidable complexité de notre être qui est tout à la fois moteur et véhicule spirituel, matière et mémoire. Son œuvre clé dans l'histoire de la philosophie rapproche et résout ce dualisme qui fait le sel de notre humaine condition.

Le Che, une icône révolutionnaire

Publié par Frédéric POILBOUT | 11:29 Le 14 octobre 2009
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Spain Rodriguez,
éd. Hors collection, 112 p.
A partir de 14,16 € sur Amazon.fr

L'image du Che aujourd'hui est encore omniprésente dans notre société consumériste et capitaliste. Un paradoxe pourrait-on dire car cet homme a sacrifié sa vie pour imposer au monde un modèle économique aux antipodes du nôtre et qui ne survit guère plus que dans les quelques derniers régimes communistes. La reproduction infinie de son visage a comme vidé de sa substance ses idées, Le Che n'étant plus devenu qu'un simple support marketing. Spain Rodriguez, tout comme le film actuellement en salle de Steven Soderbergh, redonne du sens à ce mythe en retraçant le destin de cet insatiable révolté.



La conscience sociale du jeune médecin argentin naît au cours de son voyage à motocyclette en Amérique latine. Le baroudeur prend fait et cause pour les peuples opprimés, il se lance dans la lutte armée après avoir rencontré Castro. Très vite il prend des responsabilités au sein du mouvement du 26 juillet qui renverse le gouvernement corrompu du dictateur Battista. Le Che, littéralement « mon gars » en espagnol, s'occupe pour un temps des affaires économiques et militaires de Cuba, y appliquant une politique marxiste. Mais le révolutionnaire, internationaliste, ne se contente pas de cette seule victoire. Il veut importer la guérilla partout où les peuples continuent de subir les impérialismes. Son incursion au Congo se solde par un échec, en Bolivie par sa mort. Voilà pour le sens de son image. Cette bio-graphic, didactique, redonne chair au Che : son portrait en noir et blanc est rendue avec précision. Vie privée et vie publique sont éclairées de façon remarquable. Un bémol toutefois ; on sait aujourd'hui que le che, s'il est une icône, n'était sûrement pas un saint. Et ce portrait plus sombre du personnage comme de Cuba d'ailleurs, ne transpire pas vraiment, sinon quelques fines gouttes ici et là.

Nouvelles inquiètes

Publié par Frédéric POILBOUT | 11:27 Le 13 octobre 2009
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Dino Buzzati,
éd. 10-18
A partir de 8,17 € sur Amazon.fr

Ces nouvelles de Buzzati sont des récits brefs et incisifs que le célèbre auteur italien a publié un premier temps dans la presse. Il faut dire que le grand Dino a commencé sa carrière comme journaliste au Corriere della Serra. Ces histoires sont des elzeviri, nous explique dans la préface Delphine Gachet, c'est-à-dire des textes publiés sur la première ou la deuxième colonne de la page culturel d'un quotidien. Les faits divers, relatés dans ces journaux, sont les supports de ses récits fantastiques : crime, kidnapping, corruption, tous les avatars du mal sont repris et détournés de l'autre côté du miroir.



Aussi ces nouvelles deviennent-elles autrement plus troublantes que les atrocités qui s'exposent dans nos quotidiens. Dans la Grève du mal, l'auteur dresse un portrait de ce que serait notre société, dépourvu de tout mal : plus une seule insulte, un acte répressible, ni une once de maladie... Le tableau de l'écrivain n'est pourtant pas si paradisiaque qu'il pourrait en avoir l'air. Dans une autre nouvelle, les assises, ce n'est pas l'accusé qui est finalement condamné mais un autre protagoniste beaucoup moins humain mais tellement plus responsable que l'homme lui-même. Ces récits, subtils et corrosifs, très souvent d'une ironie mordante et d'une lucidité implacable, nous dérangent et nous surprennent. A chaque chute, l'inquiétude se glisse insidieusement ; et c'est bien là tout l'art du maître Buzzati : éclairer et toucher en un éclair de génie les traits noirs de notre humaine condition.

Petite philosophie des blagues et autres facéties

Publié par Frédéric POILBOUT | 22:43 Le 12 octobre 2009
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Jim Holt,
éd. 10/18
A partir de 9,51 € sur Amazon.fr

Journaliste pour le New Yorker, Jim Holt se voit un jour confier la mission d'écrire un article sur l'histoire des blagues et de leurs collectionneurs. Cette recherche que l'auteur restitue d'une plume légère et fort agréable l'a ramené... aux calendes grecques, plus précisément à Palamède, légende antique de la blague. Et Jim Holt de nous rappeler quelques vieilles histoires drôles pêchées dans l'unique recueil de blagues antiques, le Philogelos. Le Toto de l'époque s'appelle Crâne d'œuf et ses péripéties pétillantes n'ont guère pris de rides. Le Pogge, humaniste italien du XV ème siècle est l'auteur d'un recueil de facéties qui mit sans nulle doute du baume au cœur des moyen-ageux. Les collectionneurs contemporains de blagues se nomment Legnan, Schmulowitz ou encore Alan Dundee, prof de blagues à Berkeley...



La seconde partie de l'ouvrage est consacrée spécifiquement à la philosophie de la blague. L'essence de ces bons mots tiennent en quelques ficelles que décelèrent des penseurs aussi fameux que Kant ou Bergson. La blague n'est elle pas en somme le string de la pensée, un menu fil qui voile et dévoile ce que l'on cache par pudeur ? Cette réflexion, un peu en-dessous de la ceinture faut-il bien l'avouer, vient tout de même après avoir découvert toutes ces plaisantes- et néanmoins sérieuses- recherches sur le plaisir de rire. La blague, qu'elle soit obscène, illogique, de goût aussi varié que la cuisine, est assurément « le fruit d'une ingéniosité humaine » qui « confine à l'art ». Art du bon mot, art de la chute que d'aucuns ont tenté d'analyser suivant des théories différentes : théorie de la supériorité, de l'incongruité ou de la soupape. Le rire que provoque l'histoire drôle fait exploser les codes et les censures pour nous dire en un éclair un peu de ce vrai de notre espèce. Pour tout dire, cet ouvrage est une vraie bouffée d'air frais, bouffon et au fond bougrement bien pensé.

La Chrysalide

Publié par Frédéric POILBOUT | 11:21
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Heather Terrell,
éd. Fleuve noir, 260 p.
A partir de 17,10 € sur Amazon.fr


La Chrysalide est le premier roman d'Heather Terrell, avocate spécialisée en histoire de l'art. L'auteure s'est inspirée de son milieu professionnel pour imaginer et concevoir ce récit dramatique. Mara, le personnage principal, est avocate de la maison de vente aux Enchères Beazley's. Elle a pour mission périlleuse d'empêcher que Hilda Baum ne récupère la toile prestigieuse La Chrysalide, peint par Johannes Miereveld, un artiste flamand du XVIIème siècle. Hilda affirme que ce tableau qu'elle recherche depuis des années a été volé par les nazis à ses parents déportés à Dachau. Pas facile moralement pour Mara de défendre ce qu'on lui demande...



Dans sa note finale, l'écrivaine confie qu'elle est partie de cette interrogation essentielle pour élaborer son livre : « Est-ce que je pourrais refuser pour des raisons morales, de défendre un client même s'il bénéficiait d'excellents arguments légaux ? » L'ouvrage qui croise trois époques et trois lieux différents dresse l'itinéraire complexe d'une œuvre d'art qui met en lumière les destins des hommes en prise avec l'histoire et ses conflits : au XVIIème siècle les tensions religieuses entre catholiques et calvinistes, pendant la seconde guerre mondiale la spoliation des Juifs et la shoah, de nos jours le procès de citoyens ordinaires en quête de justice et d'équité. Cette fiction, reflet de nombreuses affaires réels, est écrite avec un sens remarquable du détail et de la mise en scène. L'auteur restaure avec brio le pouvoir fascinant et magnétique d'une toile qui défie le temps et ces méandres que lui a imposés l'homme au cours des siècles.

Flash Forward : et si vous découvriez votre futur ?

Publié par Sébastien MICHEL | 11:11 Le 11 octobre 2009
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"Tueurs en série", l'émission d'Allociné, en avait parlé dans les séries qui buzzeraient à la rentrée. Flash Forward était l'une d'entre elles. Et le buzz n'a pas menti.

J'ai eu l'occasion de découvrir les 3 premiers épisodes. Et pour le moment, la série tient toutes ses promesses. Mais commençons par le commencement, le synopsis...

Le 6 octobre 2009, le monde connut un black out de 2 minutes et 17 secondes. Pendant ce laps de temps, tout le monde se vit 6 mois et quelques jours plus tard, le 29 avril 2010, à 6 heures. Cet évanouissement planétaire, au delà du chantier qu'il a causé (avions écrasés, accidents de voiture, chutes...) et du nombre de mort, pose d'autres questions : pourquoi a-t-il eu lieu ? Une cellule spéciale au sein du FBI est rapidement créé. Elle va commencer à tirer les ficelles de quelques pistes, et découvrir la complexité de l'enjeu : pourquoi, doit on tenir compte de ce que l'on a vu, certains sont-ils restés éveillés....


Les agents chargés de mener l'enquête vont vite être confrontés, tout comme dans Lost, à plus d'interrogations que de réponses. Et au fur et à mesure qu'ils avancent coté professionnel, ils sont également confrontés à leur prores interrogations sur ce qu'ils ont vu de leur futur : doivent-ils en tenir compte ? Ou, au contraire, tout faire pour qu'ils n'arrive pas ?

Un tel postulat offre à une série comme celle-ci un nombre incalculables de directions, de possibilités, et donc, de rebondissements. De quoi nous tenir en haleine, au même niveau que des séries comme Lost... ABC, la chaîne qui diffuse, n'a pour le moment programmé que 13 épisodes. Mais si l'audience suit, ce qui semble être le cas, la série devrait rapidement être reconduite.

Néanmoins, tout comme les autres séries de ce type, elle devra faire attention. Car le 29 avril est vite arrivé, et il sera difficile de se relancer derrière, une fois le futur visionné atteint. Le danger est donc, pour une série qui cartonne comme celle-ci, de tomber dans le médiocre. Les exemples passés sont nombreux dans ce registre. Dernier en date : Prison Break, qui n'a jamais vraiment su prendre le pli une fois le héros évadé, pour finir dans des épisodes insipides et indigestes. Mais nous n'en sommes pas là, et je vous invite donc à découvrir, dès que vous le pourrez, cette excellente série.

Les Animatueurs

Publié par Frédéric POILBOUT | 20:38 Le 7 octobre 2009
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Michel Malaussena,
éd. Pocket, 300 p.
A partir de 6,08 € sur Amazon.fr

Qui a dit que les animateurs du petit écran n'étaient que de gentils anges qui nous berçaient d'illusions ? En tous les cas pour Michel Malaussena qui a croisé la route de quelques présentateurs vedettes en tant que producteur, ces animatueurs, comme il les nomme, lui a laissé un goût plutôt amer. . A son tour, donc de leur tirer dans leurs pattes.... Et l'autueur (risquons le jeu de mots, aussi) ne fait pas la dentelle... C'est règlement de comptes à Ok-vision...



A commencer par Collaro, première collaboration avec celui qu'il décrit comme un authentique despote. La star du cocoboy est pour le coup un sacré coco, du genre gueulard, soûlard et autres petites raffineries... S'il est plus tendre avec Dechavanne, le rigolo de service, il flingue Ardisson et ses manies tactiles (belles partie de plaisir à lire ces pages) et descend en flèche celle qui bat les masques et les liasses, sa grande copine, Mireille. Une douceur à l'écran, un requin en coulisse. Autre personnage égratigné au passage, Nagui. Ce que l'ex-producteur leur reproche, c'est surtout, -mais comment ne pas s'en douter ?- l'immense ego de ces pseudo-vedettes qui courent, bien sûr après les deux fameux A : audience et argent.
Livre poubelle, diront certains, (et surtout les intéressés). On retiendra de ce grand déballage comme on aime les faire à la télé, une série de portraits sarcastiques qui nous révèlent un peu mieux les vraies coulisses de la télé. L'enfer du décor. A vrai dire, on ne cautionne pas l'entreprise de l'écrivain : Malaussena a bien baigné dans cette fange qu'il dénonce pour n'en sortir qu'au bout de trente ans... Mais enfin après tout, parcourir ce bouquin, c'est un peu comme lire un voici, voilà que je te vois... ça rend ni plus bête ni plus intelligent, et surtout ça donne un autre regard à ces visages qui nous sourient sans cesse benoîtement de l'autre côté de l'écran.

Dictionnaire des philosophes

Publié par Frédéric POILBOUT | 14:37
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Sous la direction de Denis Huisman,
éd. Puf, 1944 p.
A partir de 46,56 € sur Amazon.fr

Les 1500 pages de cet ouvrage contiennent la présentation de 611 philosophes majeurs par plusieurs centaines de rédacteur. Ce dictionnaire est une somme unique en son genre qui concentre l'essence des essences : la réflexion des grands penseurs depuis l'antiquité jusqu'à nos jours. Des Abdéritains à Zwingli, la liste est dense et fait le tour des je pense de la planète. Marcel Conche précise dans l'introduction que ce dictionnaire a été conçu, à l'inverse de celui d'Adolphe Franck au XIXème siècle, sans a priori dogmatique ni idéologique. Point de préférence donc. Les grands intellectuels dont le rayonnement traversa les siècles et les frontières sont traités sur le même pied d'égalité.





Cette troisième édition est une adaptation en format poche de la seconde édition publiée en 1993. Celle-ci avait à cet égard été considérablement remaniée par rapport à la première, selon les propos du directeur de cette publication, Denis Huisman : 400 entrées nouvelles s'y étaient alors intégrées. C'est dire combien le traitement et l'analyse des philosophes évoluent au gré des recherches. Les pistes de réflexion empruntent des sentiers aussi variés que ceux de la métaphysique, l'éthique, le devenir de l'homme ou la religion. On peut lire dans les articles quelques notes biographiques sur le philosophe avant de découvrir les clés de sa pensée. La bibliographie complète et réactualisée renvoie au cœur même de sa philosophie et des éditions critiques. Cet ouvrage est ainsi un formidable outil pour approcher ces grands hommes, une immense porte d'entrée, magnifiquement réalisée et qui laisse échapper bien des lumières.

Enquête sur une guérilla, Nicaragua (1982-2007)

Publié par Frédéric POILBOUT | 20:35 Le 6 octobre 2009
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Gilles Bataillon,
éd. Le Félin, 336 p.
A partir de 27,55 € sur Amazon.fr

L'histoire du Nicaragua aurait pu être celle de Cuba : un peuple sous le joug d'un dictateur, Somoza qui le remplace par une armée révolutionnaire. Sauf que la guérilla sandiniste n'a jamais réussi véritablement à s'imposer dans cette jungle politique. Si un gouvernement sandiniste a bien eu lieu entre 1979 et 1990, il a pourtant été miné par les Contras, ces contre-révolutionnaires - financés entre autre par les Etats-Unis qui pour ce faire vendait des armes à l'Iran (damned !) -. Il faut dire au passage que les indiens Miskitus entrèrent en résistance pour protéger leurs terres d'une collectivisation forcée, près de 10 000 d'entre eux furent déportés dans des camps de rééducation (façon maoïste). Pas facile évidemment de distinguer dans tout cela le bon du méchant parce que les exactions ont été commises de chaque côté.



Le sociologue, Gilles Bataillon, a enquêté sur place, présent dans le maquis miskitus dés 1984 pour se rapprocher au plus près non pas d'une vérité mais des témoignages et de la souffrance. L'auteur raconte son expérience de la guérilla, plongé dans la jungle au milieu des miskitus, l'efficacité de la propagande qui diabolise toujours l'ennemi, la manipulation des populations. Les miskitus, dans leur guerilla, sont en effet largement instrumentalisés par les Etats-Unis, mais l'ancien régime de Somoza semble avoir bénéficié aux indiens, et leur conversion au protestantisme morave trouve nécessairement peu de convergence dans le système marxiste mis en place. L'armée sandiniste a ainsi détruit bon nombre de leurs villages et les indiens se sont retrouvés totalement démunis.
Cet ouvrage a l'audace de nous ouvrir les yeux sur la complexité du conflit au Nicaragua : il n'y a pas de gentils révolutionnaires qui agissent pour le seul bien public (comme à Cuba, d'ailleurs...) mais des populations qui font, à des degrés divers, les frais des grandes tensions idéologiques importées un peu partout : la mondialisation avant d'être économique a d'abord été politique. Les victimes, elles, sont toujours les mêmes...

Oudayas la Kasbah des Oudayas de Rabah

Publié par Frédéric POILBOUT | 00:02
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Hélène Decuyper, Patrick Lowie
éd. Biliki
A partir de 19,01 € sur Amazon.fr


La Kasbah des Oudayas est un quartier fortifié de Rabah, elle est pour deux artistes un espace d'inspiration unique. La photographe Hélène Decuyper et le poète Patrick Lowie avancent à pas feutrés dans ce labyrinthe bleu et blanc. Le vers et la photographie se répondent et s'écoutent à chaque page. « Tout est dans l'oued », scande l'aède qui suit les traces du pirate de Salé. Parce que ces murs sont aussi la mer et le ciel réunis, ils sont la rivière qui guide le poète-pirate vers son exil ou son île, la sortie « qui s'éloigne à chaque tentative pour te rejoindre » Entre l'ombre et les rayons, entre les couleurs, il y a le détroit caché infime, la frontière mystérieuse qui est aussi l'espoir, « ancré dans nos racines ».
Les artistes captent et transfigurent le mouvement dans ces lieux silencieux et magiques où la contemplation des lumières et des ombres du Maroc est une méditation sur l'être et sa liberté. Le bleu et le blanc, c'est aussi deux chemins qui se suivent, l'empreinte solaire des aimés. On verra dans ces images, on lira dans ces images, les sens et les desseins que nos cœurs de lecteur et d'observateur voudront bien nous chuchoter. Il faut en ces lieux sacrés et fortifiés garder chacun sa part de mystère et c'est là sans nulle doute le trésor de ces venelles enchanteresses.

Sacrifice

Publié par Frédéric POILBOUT | 20:24 Le 5 octobre 2009
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Sharon Bolton,
éd. Fleuve noir, 474 p.
A partir de 19,86 € sur Amazon.fr


Tout commence par la découverte d'un cadavre sur le flanc d'une colline, un cheval vif te fort que tora enterre la mort dans l'âme. En creusant, la jeune femme tombe sur un corps humain... Deux morts coup sur coup, l'histoire s'annonce forcément morbide. La témoin malheureuse rapporte à la police son récit de vie et de mort : pourquoi elle vient de s'installer dans les îles Shetland, si sauvages et isolées et comment elle a fait ces macabres découvertes.



L'autopsie révèle que la victime, âgée d'une trentaine d'années a été amputée d'un cœur et de son bébé ; aucun détail de l'examen du corps et du processus de putréfaction ne nous est épargné, l'atmosphère est viscéralement macabre. Tora en tant que chirurgienne, participe à la lecture des cruelles stigmates. Elle remarque ainsi que des runes vikings ont été incisées dans le dos de la victime. Le crime a quelque chose de rituel, un sacrifice hors norme. Et dans ces lieux maudits et lointains, cette disparue n'est pas la seule. Les Shetland couvent un secret sanglant qu'entretiennent les légendes locales. Qui trame de telles exactions ? Un psychopathe de la pire espèce ? L'itinéraire de Tora est une quête vers une vérité aux allures forcément abominables. Âme sensible s'abstenir ! Le thriller de Bolton découpe les chairs tendres sans le moindre avertissement, et vous ronge à merveille le tissu nerveux. Alors pour les amateurs d'horreur à la sauce hémoglobino-celtique, ce sacrifice est du pain béni !

L'Exil des anges

Publié par Frédéric POILBOUT | 20:20 Le 4 octobre 2009
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Gilles Legardinier,
éd. Fleuve noir, 360 p.,
A partir de 17,96 € sur Amazon.fr

Cathy et Marc Destrel, un couple de chercheurs ont découvert les secrets bien enfouis de la mémoire. Cette découverte aux conséquences infinies attise les convoitises des grandes puissances qui surveillent les Destrel. Après avoir appliqué sur eux-mêmes leur théorie révolutionnaire, ils meurent dans des conditions tragiques. Mais cette vie n'est pas leur dernière, leur mort n'est en fait qu'un exil. Tout le monde n'y a vu que du feu.... Seul le colonel Gassner de la NSA a flairé une bizarrerie dans cette incroyable disparition. Ellipse. Des anges passent. Vingt ans plus tard...



« C'était la plus belle période de l'année, celle qu'ils attendaient tous avec l'impatience de leur âge . » C'est l'été, Valeria, une étudiante à Madrid se rend seule en Écosse. Elle ne connaît pas bien les raisons de cette destination, sinon une vision en rêve qui l'attire. Mi-tourisme, mi pélèrinage. Magnétisme surtout. Au bord du Loch, elle cherche Sainte-Kerin, une mystérieuse chapelle qui étrangement l'appelle. Elle n'est pas la seule à vouloir approcher ce lieu perdu. Elle y rencontre deux jeunes, Peter d'abord puis Stefan qui eux aussi traquent les secrets de cet édifice enfoui. Ils ignorent encore en foulant le sol de cette terre mystérieuse que ce voyage initiatique va leur faire découvrir ce qu'ils recèlent de plus précieux en en eux-mêmes. On passe un bon moment à lire l'Exil des anges. Pour l'histoire, bien ficelée, frissonnante à souhait, et ces thèmes, quête enquête et mystique qui font là de bons ingrédients. La clé du grand mystère ? On ne vous dira rien bien sûr sinon qu'elle est bien cachée au fond des rêves.

Petits crimes dans un âge d'abondance

Publié par Frédéric POILBOUT | 11:57 Le 3 octobre 2009
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Matthew Kneale,
éd. 10/18
A partir de 6,65 € sur Amazon.fr


La nouvelle, genre réputé particulièrement périlleux est néanmoins souvent très bien maitrisée par les auteurs anglo-saxons. Matthew Kneale ne déroge pas à la règle. Digne héritier d'un Raymond Carver, il nous offre avec ses douze nouvelles, douze perles glanées dans un tour du monde des angoisses de l'existence.

Ces histoires qui changent abruptement de matières et de sens comme de latitude nous montrent les fossés et les liens écornés entre les cultures et les esprits. Tout est d'affaire d'écart dans ces récits où la chute montre l'abîme. Comme ce couple de touristes en Afrique qui, pour se donner bonne conscience, donne un tube d'aspirine à une fillette tuberculeuse ou encore ce cadre londonien un peu coincé qui trouve un sac rempli de cocaïne sous un banc et va se plaire à jouer les dealers.... Proche du film Babel par sa capacité à basculer d'un univers et d'un pays à l'autre, ces douze récits palpitants chacun à leur manière sont à la croisée des petites et grandes tragédies de la vie.

Hunger Games

Publié par Frédéric POILBOUT | 15:19 Le 2 octobre 2009
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Suzanne Collins,
éd. Pocket Jeunesse, 400 p.
A partir de 17,01 € sur Amazon.fr

Stephen King a dit de ce livre qu'il était impossible de le lâcher: « c'est comme si votre vie en dépendait. » Et c'est vrai que ce roman possède indéniablement une puissance hypnotique, aussi incroyable qu'un bon Agatha Christie ou le dernier Potter. Décryptons un peu ce phénomène.



Tout d'abord voici le pitch magnétique : dans un futur indéterminé, les États-unis sont devenus un territoire divisé en douze districts et contrôlé par le Capitole sorte de Big Brother qui contrôle et terrorise notamment le peuple par les Hunger games : douze garçons et douze filles de chaque district sont tirés au sort pour participer à une télérealité diabolique. Les vingt-quatre candidats sont plongés dans une arène de supplices, seul le dernier survivant remportera cette partie d'échecs et de morts. L'héroïne que l'on suit s'appelle Katniss. Elle n'est pas la mauvaise élue de ce jeu mais a décidé de remplacer sa jeune soeur Prim pour lui éviter un sacrifice insoutenable. On surnomme Katniss, la fille du feu. Parce qu'elle défie dès l'entrainement les Juges de ce jeu meurtrier. Parce qu'elle ne supporte pas d'obéir aveuglément et de se laisser ainsi manipuler par d'infâmes bourreaux. Alors quand elle se retrouve au cœur des écrans sordides, son combat n'est pas animé par la cruauté et la haine. Elle use de tous les savoirs appris dans la forêt dans sa prime jeunesse et rivalise ainsi d'audace et de bravoure pour déjouer les règles de la fatalité et imposer ses plans, ses choix, sa liberté. Évidemment la destinée de Katniss, gladiateuse d'un nouveau genre tient les spectateurs, et les lecteurs en haleine. Mais il y a autre chose dans ce récit bouleversant qui tient à la fois de la critique acerbe d'une société totalitaire, de la nature humaine du personnage de Katniss l'insoumise et enfin du style, incontestablement clair, vif et efficace. Voilà tous les ingrédients d'un incontestable succès.

Le 5 octobre prochain, l’école supérieure d’arts & médias de Caen ouvre les portes de son nouveau bâtiment, au coeur de la presqu’île portuaire. Ce bâtiment de 11500 m2, conçu par l’agence studioMilou architecture, permettra à l’ésam d’offrir à ses 300 étudiants des conditions d’études exceptionnelles, que ce soit en termes d’espaces de vie et de travail, de techniques à expérimenter, d’encadrement pédagogique ou encore d’ouverture sur l’international. Outre son rôle d’établissement de référence dans l’enseignement des arts, des médias et du design graphique, l’ésam proposera aux amateurs des cours d’initiation à la pratique artistique. Elle développera également une programmation culturelle dense et innovante : expositions, conférences, concerts et spectacles mêlant arts plastiques, théâtre, danse...



L’ésam deviendra ainsi un centre artistique à part entière ouvert sur l’agglomération caennaise. A l’occasion de cette ouverture, le public est convié pendant une semaine à venir découvrir le nouveau bâtiment de l’ésam et ses premiers évènements culturels. Une exposition des travaux des étudiants diplômés en 2009 (DNAP et DNSEP) sera notamment proposée. Les visiteurs pourront par ailleurs écouter dans l’auditorium le premier des trois récitals du pianiste Jay Gottlieb. Enfin, l’ésam accueillera "Voisins-voisines", exposition consacrée à l'habitat individuel et conçue par le centre d’architecture Arc en rêve à Bordeaux. Parallèlement à cette exposition se dérouleront les Rencontres Caen Première, quatre rendezvous publics avec de grands architectes et urbanistes contemporains organisés par la Ville de Caen.

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