Restaurant JGO, Paris Drouot

Publié par Sébastien MICHEL | 20:43 Le 31 janvier 2010
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J'ai eu l'occasion de découvrir à l'occasion d'un déjeuner avec Elisabeth DUDA, le restaurant JGO à Paris. Il s'agit apparemment d'une chaîne, car le concept semble décliné sur plusieurs restaurants à Paris, mais également en province (4 au total).

Restaurant J'GO Paris Drouot

Clairement défenseur du sud ouest et de ses saveurs, vous vous verrez ainsi proposer un grand nombres de viandes (origine garantie sud ouest of course). Les plats sont appétissants, gouteux, et réellement bien présentés. J'ai personnellement testé le parmentier aux truffes, que je vous recommande fortement. La gamme des desserts n'est pas mal non plus, et que dire des vins du sud-ouest : les amateurs apprécieront un petit rouge des cotes du marmandais.

Restaurant J'GO Paris Drouot

Coté décoration, vous apprécierez quelques têtes de taureaux bien disposés et impressionnantes, un bar en zinc, et un rouge omniprésent qui rend l'ensemble chaleureux. Les tables sont hautes et se prêtent donc à la convivialité. Testé un samedi, ce restaurant semble néanmoins plus réputé en semaines pour ses grignotages.

Restaurant J'GO Paris Drouot

En bon représentant du sud-ouest, un grand écran est installé et vous permettra, le cas échéant, de suivre les grandes rencontres de... rugby (forcément :-) ! Mais rassurez-vous, ils ne sont pas sectaires, vu que le jour où j'y étais, j'ai eu le droit à la demi-finale du championnat d'Europe de handball entre la France et l'Islande.

Restaurant J'GO Paris Drouot
4, rue Drouot
75009 Paris
Tel : 01 40 22 09 09
Métro : Richelieu-Drouot ou le Peletier
Fermé le dimanche
parisdrouot@lejgo.com
www.lejgo.com

Max Havelaaar poursuit son engagement pour un commerce plus équitable auprès des producteurs des pays en développement. Aujourd’hui débute une grande campagne de mobilisation en faveur de la filière coton.

Opter pour le commerce équitable en découpant l'étiquette de notre tee-shirt...  C'est le geste que propose de faire Max Havelaar aux Internautes, dès aujourd’hui via le site participatif http://www.changeonsdetiquette.fr/facebook/ Un petit geste pour nous, qui ne fera pas souffrir notre Marcel préféré mais qui fera grand bien aux producteurs des pays du sud.

Vêtements qui sèchent

Pour rejoindre le mouvement rien de plus simple, il suffit de signer la pétition en ligne et ainsi inciter des grandes marques de prêt-à-porter à passer à l’équitable. Plus les marques s’engageront, plus les producteurs des pays défavorisés pourront travailler et améliorer sensiblement leur quotidien.

Pour les plus militants, il est possible de télécharger un kit complet de collecteur  : des affiches et des étiquettes ludiques à distribuer et placarder partout où vous allez, chez vos amis, coiffeurs,épiciers, pharmaciens, toiletteurs..

Chaque étiquette compte, alors à vos ciseaux...

Trouver rapidement une location : Quelques trucs et astuces !

Publié par Sébastien MICHEL | 17:43 Le 30 janvier 2010
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Il est souvent difficile de trouver une location, et, une fois le logement trouvé, il est aussi compliqué de connaître les démarches à effectuer. En quelques clics, LocService.fr permet de trouver son logement et des informations concrètes pour réussir sa location. Pour trouver votre logement, rien de plus simple. Inscrivez-vous sur LocService.fr, une nouvelle location de particuliers à particuliers y est proposée toutes les neuf minutes.

Immeuble, Faubourg de l'Arche

Après avoir défini précisément votre recherche, votre dossier est transmis aux propriétaires qui disposent d’une location similaire à votre demande. Pour seulement 12 euros vous évitez les frais d’agences et votre demande reste valable jusqu’à ce que vous trouviez votre location. Au lieu de courir d’agences immobilières en agences immobilières, de consulter une multitude d’annonces souvent périmées et de perdre votre temps au téléphone pour vous entendre dire « c’est déjà loué », attendez sereinement d’être contacté par un propriétaire qui a déjà connaissance de votre dossier.

En vous rendant sur l’onglet « Cote des loyers », vous aurez une idée précise des prix pratiqués par ville, par type de bien et par surface. Vous pourrez ainsi comparer votre budget avec les loyers pratiqués sur le marché.

Une fois le logement trouvé, les démarches ne sont pas toujours simples. Pour vous faciliter la vie, rendez-vous sur le « Guide de la location » de LocService.fr. Vous y trouverez toutes les informations nécessaires pour réussir votre location : les documents à fournir, pourquoi et comment rédiger un bail, la caution, les assurances, la Garantie des Risques Locatifs, l’indice de référence des loyers, le calcul de révision de ce loyer ou encore les procédures en cas de litiges.

La Reine Soleil

Publié par Frédéric POILBOUT | 18:16 Le 29 janvier 2010
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D'après l'oeuvre de C. Jacq et le dessin animé de P. Leclerc
adaptation de J. Pillot, 56 p.
A partir de 4,65 € sur Amazon.fr

Dans l'Égypte antique, 14 siècles avant notre ère, le prince Tout-Ankh-Aton vient prier la princesse Akhesa, fille de pharaon de l'épouser. Akhesa se gausse de ce gamin et vient se plaindre à son père Akhenaton, de sa situation : depuis que sa mère Néfertiti est partie s'exiler sur l'île d'Éléphantine, elle se retrouve seule à attendre le mariage d'un quelconque prince de province.



Elle décide donc de s'enfuir de ce palais qui la retient prisonnière et embarque le jeune Thout dans son périple. A l'heure de leur fuite, c'est tout l'empire d'Égypte qui vacille au rythme des complots sanglants des prêtres et du mercenaire Zannaza qui ne rêvent que d'or et de pouvoir. Les deux fugitifs vont dans leur course effrénée détenir le destin de l'Égypte entre leurs mains. On retrouve dans cette fresque l'esthétique du dessin animé dont la sortie en salle est prévue au mois d'avril. Ce récit d'aventure qui nous fait pénétrer dans les mystères de l'Égypte ancienne est une adaptation libre du best seller de Christian Jacq. Vous découvrirez entre autre révélation comment les pyramides communiquaient avec le soleil pour assurer l'ascension des âmes. Une BD pharaonique Tout-Ankh-alité !

La foire aux illuminés

Publié par Mourad HADDAK | 16:16
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Pierre-André Taguieff
éd. Fayard, Mille et une nuits, novembre 2005, 612 pages
A partir de 21,85 € sur Amazon.fr


Dans son dernier livre, Pierre-André Taguieff analyse le succès grandissant, notamment en Occident, des « théories ésotérico-complotistes » développées par le cinéma, les jeux vidéo ou la littérature depuis les années 1980, théories largement issues des délires « paranoïdes » de l’extrême-droite dénonçant les manipulations de groupes occultes.

La Foire aux illuminés

« Les dieux et les bons anges se sont enfuis, mais les démons se portent bien » (p 429)

Directeur de recherche au CNRS (Cevipof), enseignant à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris, philosophe et politologue, Pierre-André Taguieff s’est attaché à établir une synthèse érudite, parfois répétitive, sur la construction dans les sociétés occidentales du mythe moderne et protéiforme du complot qui déborde désormais le cadre politique de l’extrême-droite. Abordant le sujet d’un point de vue anthropologique, soucieux de préciser la genèse et la définition délicate des termes abordés (complot, conspiration, ésotérisme, puissances occultes…), l’auteur nous renvoie dès l’introduction aux sources du phénomène étudié, en « Allemagne », avec l’ordre franc-maçon des « Illuminés de Bavière » créé par Adam Weishaupt en 1776 (dissous en 1785) et violemment attaqué par les contre-révolutionnaires (comme l’abbé Barruel en 1797) pour avoir été à l’origine de la chute de la monarchie et de l’Eglise en France, après la Révolution. Aujourd’hui, la société (très) secrète des « Illuminati » est accusée de vouloir établir un « gouvernement mondial » (comme l’affirmait en 1991 le célèbre évangéliste américain Pat Robertson, à la suite des thèses défendues en particulier par W. G. Carr, dans un pamphlet vendu à l’époque à plus de 500 000 exemplaires).
En Russie et en Occident, l’Eglise traditionaliste et l’extrême-droite (des nationalistes aux néo-nazis) ont longtemps occupé le champ de la dénonciation du contrôle des nations et du monde par des forces cachées, souvent assimilées aux juifs et aux francs-maçons. Le « bazar de l’ésotérisme » pour reprendre l’excellente expression de l’auteur s’est encore compliqué : depuis les années 1970, des amateurs ou « contre-experts » en la matière défendent l’idée de nouvelles menaces, notamment extra-terrestres après la vague de l’ufologie. Une partie de l’extrême-gauche ou des altermondialistes par ailleurs semble reprendre les thèmes conspirationnistes lorsqu’elle dénonce les forces de l’argent dans l’ordre (ou le désordre) du monde.
Aujourd’hui, la culture de masse est devenue une soupe extravagante de différents mythes du complot. Des groupes secrets (les sectes maçonniques ou « judéo-maçonniques », la CIA ou NSA, les « Maîtres du monde », les extraterrestres ou Reptiliens, etc.) agissent dans l’ombre et manipulent la démocratie et les pouvoirs fantoches (les gouvernements, l’Eglise, l’ONU, les médias…). « La vérité est ailleurs » (« Trust no one »), leitmotiv des épisodes de la série télévisée américaine X-files que l’on retrouve aussi bien dans les aventures du héros de Dan Brown, Robert Langdon, (in Da Vinci Code paru en 2003 et Anges et démons en 2000) que dans le cinéma (y compris dans sa forme humoristique comme dans les deux films Men in black de Barry Sonnenfeld sortis en 1997 et 2002 et dénonçant un incroyable « complot cosmique »). La bande-dessinée n’est pas en reste (voir Le lièvre de Mars de Cothias et Parras aux éditions Glénat sur le thème de la menace des Reptiliens). Le savoir est du côté « invisible » des initiés. Pour y accéder et sortir du « visible » trompeur, il faut alors être guidé, franchir les degrés initiatiques et Taguieff ne se prive pas d’oser les comparaisons entre les intentions délirantes des promoteurs des Protocoles des Sages de Sion (fameux faux antisémite qu’il a étudié en 1992) et les auteurs modernes des fictions à grand succès qui se nourrissent aux mêmes sources même s’ils édulcorent les passages sulfureux (sur un prétendu danger juif notamment).

« Ne pas rire, ni pleurer, ni haïr mais comprendre » (d’après Spinoza, p 380)

Les références de l’auteur sont impressionnantes. Les notes en bas de page et la bibliographie accompagnées d’annexes utiles (larges extraits de textes issus de la « littérature » du complot) sont le fruit d’un travail patient et colossal de Pierre-André Taguieff qui connaît son sujet par cœur depuis ses premiers travaux sur le racisme et l’antisémitisme (il est l’auteur de La force du préjugé, paru aux éditions La Découverte en 1988). Son ambition n’est pas de fustiger « l’ésotérisme de pacotille » que peut constituer la « littérature de bas-étage » dont la référence actuelle serait les livres de l’américain Dan Brown mais plutôt de comprendre son succès, dans le monde entier. Selon lui, s’appuyant notamment sur les recherches du psychanalyste Erich Fromm, les sociétés occidentales produiraient nécessairement des croyances conspirationnistes. Ce serait un effet paradoxal de la « transparence démocratique ». Les citoyens, par le vertige de la liberté octroyée, n’auraient plus les simples assurances fournies par les institutions politiques ou religieuses d’un passé pas si lointain. « La liberté négative » produite alors expliquerait le souci de nombreux citoyens de trouver un sens aux péripéties et malheurs du temps. Face à une Histoire complexe, aux événements imprévisibles, face au Progrès qui n’a pas tenu toutes ses promesses, celles du XIXè siècle, certains accepteraient une simplification abusive des faits, développant un argumentaire manichéen extrême voire extrémiste et paranoïaque. L’hyper-rationalisation de l’Histoire par la fabrication de complots, même inquiétants, serait préférable à un monde privé de sens. Selon l’auteur, le mythe des complots s’inscrirait dans la longue sécularisation des institutions, y compris religieuse, propice à l’effervescence du « sacré » (sectes, New Age, horoscopes et astrologie, etc.). « Depuis que les hommes ne croient plus en Dieu, ce n’est pas qu’ils ne croient plus en rien, c’est qu’ils sont prêts à croire en tout » (G. K. Chesterton, p 417). Le réenchantement du monde, l’attirance pour des mystères plus ou moins rassurants seraient à l’œuvre pour le meilleur et pour le pire.

Et demain, « la revanche du diable » ?

La lecture du livre qui pratique à l’envi la redite ne permet pas de se former une solide opinion sur l’éventuelle « menace » posée par le phénomène actuel, à savoir la diffusion, dans la culture de masse, des thèmes conspirationnistes. Pourtant, le « soupçon » du chercheur est présent du début à la fin de l’ouvrage. Il semble pratiquer lui aussi la confusion des genres en associant dans un même chapitre les auteurs de fantastique ou d’heroic-fantasy comme J. R. R. Tolkien ou C. S. Lewis (auteurs respectivement du Seigneur des Anneaux et du Monde de Narnia) et les pires représentants de la pensée d’extrême-droite (tel J. U. Holey, co-auteur du Livre jaune paru en plusieurs volumes aux éditions Félix à partir de 1997). Certes, Pierre-André Taguieff écrit plusieurs fois que son intention n’est pas de fustiger ou de moquer une certaine fiction littéraire qui a droit de cité même celle qui se nourrirait des conclusions de pamphlets délirants. Pourtant, les longs développements consacrés à Dan Brown ne parviennent pas à dissimuler le mépris de Pierre-André Taguieff contre l’écrivain. Certes, il y a supercherie de la part du romancier lorsqu’il prétend que les « faits » sont attestés sur le « Prieuré de Sion » pour ne reprendre que cet exemple déjà célèbre (voir la préface du Da Vinci Code). Certes, la réalité et l’imaginaire ont ici tendance à se confondre et à proposer une histoire alternative. Les pseudo-guides censés décrypter les œuvres de Dan Brown les obscurcissent davantage qu’ils ne les éclairent. C’est cependant méconnaître le droit du romancier de tronquer la réalité, aussi mauvais soit-il sur le plan de l’écriture. C’est surtout ôter aux lecteurs toute capacité à l’examen critique. L’éducation des foules n’est pas celle de la fin du XVIIIè siècle. C’est sans doute à l’Ecole et en particulier aux Humanités de fournir aujourd’hui, dans l’esprit des Lumières, les instruments de la mise à distance. Les sondages ne suffisent pas à énoncer, tels des certitudes absolues, que les « thrillers ésotériques » seraient perçus par l’opinion comme étant en partie vrais. Le danger de la confusion est réel (il existe même) et doit à juste titre inquiéter. Les banalisations dans ce domaine doivent être dénoncées sans toutefois pratiquer les amalgames trop rapides. Le fantastique est un thème récurrent de la littérature et a précédé le « paradoxe démocratique ». Il faut donner raison à l’auteur de penser que l’idée du complot n’est plus l’apanage ad aeternam de la droite populiste et raciste dans des sociétés marquées de plus en plus par la ruse et le « machiavélisme » en politique. Il convient ainsi de rester vigilant et de combattre, par la recherche de la vérité, les délires politiques (comme ceux d’un complot juif à propos des attentats du 11 septembre 2001 sur le World Trade Center). Pour l’heure, ce qu’il y aurait d’inquiétant, nous semble-t-il, ce serait aussi le (dys-)fonctionnement actuel de la machine éditoriale qui ne prendrait presque plus de précautions dans la présentation, par exemple, de livres publiés comme des révélations. Certaines pratiques commerciales (de la littérature au cinéma, en passant par la télévision) sont responsables de certaines dérives sensationnelles et doivent être également dénoncées avec vigueur.

Messieurs, habillez-vous en... prêt à porter !

Publié par Sébastien MICHEL | 18:22 Le 28 janvier 2010
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La mode chez les hommes n'est plus un tabou. Le prêt à porter existe aussi pour nous, heureusement ! Par contre, selon les exigences de chacun, trouver sa taille relève parfois du parcours du combattant. Et en dehors de la période des soldes, les prix restent assez onéreux, voire exorbitants !

Partant de ce postulat, une jeune société française a décidé d'ouvrir une boutique en ligne de sur-mesure. Concrètement,le site vous permet de créer costume, chemise... à votre taille, au prix du prêt-à-porter, à partir de 250 €. Et pour vous mesdames, ce site offre une opportunité de lui faire un cadeau, sans risque de vous tromper., et donc de le vexer :-) De quoi contenter tout le monde.

Prêt à porter homme

Intelligent, unique et facile d’utilisation, le site www.pernac.com révolutionne les tendances et propose une nouvelle façon de concevoir sa mode, la mode masculine, si pauvre ces derniers temps. Quelque soit votre style, vous le trouverez !

En seulement quelques clics, prenez rendez-vous sur votre lieu de travail, à votre domicile ou tout simplement dans la boutique PERNAC Paris pour une prise de mesure par des tailleurs professionnels et avisés.

Boutique Pernac Paris - 25 rue Mademoiselle, 75015 Paris
Site internet : www.pernac.com

Le 26 janvier 2010, l’Ecole des Mines de Nantes a rejoint le programme iTunes U, service proposant gratuitement l’accès au vaste contenu audio et vidéo des plus grands établissements d’enseignement supérieur.

iTunes U permet de donner accès à du contenu éducatif à tous (étudiants, enseignants, grand public) de n’importe quel endroit dans le monde. L’Ecole des Mines de Nantes propose sur iTunes U plus de 250 vidéos de conférences, séminaires, ressources pédagogiques,... téléchargeables facilement sur ordinateur, baladeur comme iPod ou iPhone. L’Ecole des Mines de Nantes enrichira régulièrement ses contenus sur iTunes U.

Iphone

L’Ecole des Mines de Nantes ouvre son iTunes U grâce à l’important travail fourni par son Centre d’Appui aux Pratiques d’Enseignement (CAPE), depuis 10 ans, en matière de technologies de l'information et de la communication pour l'enseignement (TICE).

En savoir plus : http://itunes.mines-nantes.fr

Vol et brigandage au moyen-âge

Publié par Mourad HADDAK | 16:16
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Valérie Toureille
PUF, collection le nœud gordien, septembre 2006, 312 pages
A partir de 26,60 € sur Amazon.fr


Valérie Toureille a choisi de consacrer son doctorat d’histoire au vol au Moyen Âge, soutenu à l’université Paris I – Panthéon-Sorbonne, dont elle nous livre ici les principales réflexions. Agrégée d’Histoire, ancienne pensionnaire de la fondation Thiers, maître de conférences d’Histoire du Moyen Âge à l’université de Cergy-Pontoise, elle a reçu le prix Mariette Benabou de la Chancellerie des Universités de Paris.

Vol et brigandage au moyen-âge

« Le larron, à l’image de Judas, est celui qui trompe la confiance de la communauté par amour de l’argent »

Contraire au code de l’honneur et frappé d’interdit religieux (huitième commandement du Décalogue, Non furtum facies), le vol, ce « crime détestable », était passible de lourdes peines voire de mort au Moyen Âge alors qu’ « aujourd’hui, l’infraction alimente (plutôt) la chronique des faits divers sans relief ». Les voleurs étaient parfois plus méprisés que les meurtriers à qui on pouvait trouver des « motifs honorables ». Et au XVe siècle, tandis que l’Occident s’enrichissait à nouveau, le vol se heurtait à de nouvelles valeurs, celles du travail et de la propriété.

Valérie Toureille a bâti une recherche sérieuse, très fouillée, assortie de nombreux commentaires et citations, sur des sources constituées essentiellement par des archives criminelles de la France septentrionale : procès-verbaux de séance, registres criminels, quittances de détention, listes d’écrou ou lettres de pardon. Attentive à l’évolution de la sémantique (première partie) qui révèle les sensibilités à l’oeuvre, elle parvient à dresser une sociologie du vol (deuxième et troisième parties) délicate à appréhender tant le sujet est pléthorique (depuis les menus larcins jusqu’au brigandage des grands chemins) et touche toutes les catégories sociales. Essentiellement masculin et affaire de jeunesse, « le vol n’est pas le monopole des réprouvés ». A côté du petit peuple (paysans, ouvriers, domestiques, prostituées ou mendiants), certes majoritaire dans les documents judiciaires, les sources font également mention de maîtres artisans, de laboureurs aisés voire de nobles et de clercs motivés par « la concupiscence, la haine [ou] le plus souvent [par] la volonté d’améliorer l’ordinaire ».

« Coquillards, rebecquez-vous de la Montjoye »,
(« Coquillards, tenez-vous à l’écart du gibet »)


Les bandes structurées ne sont pas légion et appartiennent davantage aux exagérations des esprits entretenues par l’imaginaire collectif. « Le XVe siècle voit ainsi naître la mythologie des monarchies de l’ombre, flanquées de leurs rois dérisoires, dominant un parterre tantôt de mendiants, tantôt de voleurs, parfois les deux à la fois. » On rejoint ici le mythe ancien des complots criminels même si des organisations ont pu prospérer comme les célèbres Coquillards connus par le procès qu’on leur fit à Dijon en 1455 et… les fameuses ballades « en jargon » de Villon (1431-1463) qui semble avoir fréquenté ces criminels spécialistes du vol, de l’escroquerie et de la prostitution. La crainte du crime organisé a sans doute eu pour effet d’endurcir la législation contre les voleurs et autres larrons à une époque encore troublée par les effets de la Guerre de Cent Ans.

Le contexte est justement important. Ce long conflit a plaqué sur la société une atmosphère inquiétante. L’insécurité réelle s’est doublée d’un sentiment de peur bien ancré, dans les villes ou dans les campagnes françaises (la rumeur des bandes en particulier) et l’historienne n’hésite pas à employer à plusieurs reprises le concept de « brutalisation » cher à l’historien américain George Mosse pour les soldats de la Grande Guerre (1). Ainsi, pour Valérie Toureille, « de la guerre sont nées des failles dans les destins individuels, mais aussi des habitudes collectives, l’habitude du groupe et de la violence, le goût des armes et de l’intimidation ».

« La tendance est au durcissement de la répression du vol »

Le vol est devenu un enjeu du pouvoir royal et judiciaire qui justifie sa criminalisation (4è partie). Concomitant à la demande sociale réclamant plus de coercition et de paix, l’Etat royal a pu se renforcer en endossant la mission (désormais régalienne) de châtier les vols violents, crapuleux ou professionnels pour lesquels la pratique du pardon diminue au XVe siècle (2). Par ce biais, il a pu monopoliser l’usage de la violence dans une société marquée, avons-nous écrit plus haut, par l’enrichissement et l’essor de la valeur du travail.

« Le pouvoir du monarque se fonde de plus en plus sur la coercition et, par symétrie, de moins en moins sur la grâce »


La peine de mort vise surtout les récidivistes et les bandits de grand chemin qui remettent en cause l’ordre public. En janvier 1535, un édit instaure à leur encontre le supplice de la roue. Il s’ajoute à la punition de la corde et à la décapitation. Les « mengeurs de peuple » sont associés aux « blasphémateurs » et à ceux qui se rendent coupables de « vols sacrilèges ». A travers la justice prévôtale, sans appel, le roi se veut alors le garant de la loi et de la foi.

La variété des décisions de justice était par ailleurs à l’image de la division administrative et sociale du royaume de France. « Cette absence de cohérence tient en partie à la multiplicité des lieux où se juge le vol et à l’opposition des prérogatives des justices laïques aux privilèges de celles d’Eglise, sans compter celles des juridictions urbaines ».

Outre les bannissements (pour les vols les moins graves) et l’exposition (le pilori, sentence exemplaire en « terreur de peuple » rappelle l’auteure), les peines corporelles (la fustigation en particulier) ont eu tendance à augmenter à la fin du Moyen Âge au détriment des peines pécuniaires tandis qu’apparaissaient, dans un souci de rééducation, les premières prisons à destination des mendiants, oisifs et larrons des villes. Préféré aux amputations plus cruelles (nez, poing, pied), l’essorillement appliqué aux criminels endurcis (frappés de plusieurs condamnations) laissa progressivement place à la marque à l’épaule, moins visible (et facilitant la réinsertion sociale) mais néanmoins pratique au temps de la traque « obsessionnelle » des récidivistes. Au début du XVIe siècle, au moment où apparaissent les premiers besoins de la marine française, c’est une nouvelle peine, la galère, que l’Etat royal va encourager.

C’est d’ailleurs l’un des intérêts de l’ouvrage de Valérie Toureille que de nous restituer, derrière la sociologie du vol à la fin du Moyen Âge, la mise en place progressive de l’Etat monarchique qui, pour se consolider à l’aube des Temps modernes, a établi, parmi d’autres moyens, un nouvel ordre pénal pour réprimer la délinquance.

On ne saurait donc que trop conseiller la lecture de cette enquête savoureuse, fruit d’une thèse d’une grande qualité. Assurément (et déjà), un ouvrage de référence !

(1) George Mosse, De la Grande guerre au totalitarisme, la brutalisation des sociétés européennes Hachette, collection pluriel, 2003.
(2) Certains « larrecins » peuvent obtenir les « excuses » de la nécessité (la pauvreté) ou du jeune âge.

Les frères Pourcel au resto U !

Publié par Sébastien MICHEL | 00:19
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Les Grands Chefs Pourcel s’invitent au resto’ U  ! Tous les étudiants pourront savourer un menu gastronomique pour moins de 3 € au resto’U Richter !

Dans le cadre de sa politique de formation professionnelle et de l’amélioration continue de ses services, le Crous de Montpellier a offert la possibilité aux chefs cuisiniers de ses restaurants universitaires de bénéficier d’une formation exceptionnelle auprès de Jacques et Laurent Pourcel, célèbres grands chefs du Jardin des Sens. Une démarche qui a permis dans un premier temps aux chefs du CROUS de bénéficier d’une démonstration culinaire conduite par Laurent Pourcel autour de trois plats avec pour objectif de transposer cette sélection en restauration de haut volume.

Cake et Champagne Ruinart
 
Deuxième étape de cette aventure, les frères étoilés s’invitent jeudi 28 janvier à la table du resto’ U Richter pour proposer, en association avec les chefs de cuisine du CROUS, un menu gastronomique dans l’esprit Pourcel : une cuisine du produit, une cuisine des sens, tournée vers le monde et en particulier vers notre belle région.

Au menu, les étudiants pourront ainsi déguster :
- Pressé de légumes au saumon Gravlax, vinaigrette émulsionnée au basilic et chips de riz
- Capuccino crémeux de potiron et châtaignes, croustillant aux sésames dorés.
*
- Filet de rouget rôti, galette de risotto aux tomates confites et jus aux saveurs du sud
- Suprême de volaille rôti sauce curry coco, lasagne de légumes
*
- Pastilla de marron aux poires rôtie et caramel doux
- Tiramisu aux Lychees et parfum de Rose

Ce menu gastronomique est proposé au prix habituel d’un repas au resto’U soit 2.90 €. Il est réservé aux étudiants.

Lieu :
Resto’U Richter
80 rue Brumaire à Montpellier
Tram ligne 1 arrêt Port Marianne

My trip in New Zealand (2) - Auckland

Publié par Sébastien MICHEL | 14:51 Le 27 janvier 2010
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La début de mon périple en Nouvelle-Zélande a commencé par la ville d'Auckland. Départ logique, vu que c'est ici que je suis arrivé. J'avais prévu d'y consacrer 2 jours. Sur 14 jours de voyage, avec le recul, je me rends compte qu'un seul aurait suffit. Car même si Auckland est une grande ville, on en fait rapidement le tour, et à moins de compter y vivre, mieux vaut se hâter de visiter le reste de l'île du nord.

All Seasons Hotel, Auckland

Pour résider, j'avais été, ce coup-ci, au moins onéreux. J'ai réservé mon hôtel, le All Seasons Auckland (20 Wyndham Street) via hotelclub.net. A 30 euros la chambre double dans une grande ville, je ne m'attendais pas au luxe. Mais à ce point là.... En résumé, même si le personnel est très sympathique et l'hôtel très bien situé en centre ville, voici quelques uns des principaux défauts (et je vous rappelle que je ne suis PAS quelqu'un de difficile) : un ascenseur pour plus de 15 étages (second en panne), soit un bouquin à prévoir pour chaque descente (pour patienter pour ceux qui n'auraient pas saisi la blague) ; chambres toutes petites et pas forcément bien nettoyées (mieux vaut ne pas pousser les meubles) ; boite de nuit à coté de l'hôtel, soit un vacarme assourdissant toute la nuit tous les week-end ; pas de wi-fi... Bref, si vous voulez faire des économies et que vous n'y passez qu'une nuit, allez-y... Sinon, oubliez et passez votre chemin...

The Skytower

La première attraction à faire est, sans nul doute, la Skytower (situé à 500 mètres du All Seasons, si malgré mes recommandations vous avez tout de même décidé de vous y rendre). Située à 300 mètres de hauteur, elle vous offrira un panorama à 360° sur Auckland et sa baie. Une visite sympathique, et incontournable, selon moi. Pour monter, compter (au 1er janvier 2010) 56 dollars NZ (à deux), soit environ 28,50 euros.

Entrance of the Skytower

A l'intérieur, vous y trouverez quelques activités complémentaires, tels que un restaurant, un magasin de souvenirs, des jumelles, une vitre au sol pour contempler la hauteur (non recommandé à ceux qui ont le vertige)... Dernière activité en date, effectuer un saut à l'élastique (enfin, pas l'élastique que nous connaissons, mais c'est tout comme). Pour le fun, je vous laisse admirer la pub vantant le saut, et faire la traduction en français vous-même. Ambiguité voulue, apparemment, (d'avis néo-zélandais)... :-)

Advert, Skytower

Une fois cette visite effectué, vous pouvez parcourir tranquillement la ville à pied, et vous diriger vers la marina, pas très loin. Au delà de la promenade sympathique (personnellement, je ne me suis pas privé de passer 1 heure ou 2 à lézarder simplement sur un banc au soleil), vous trouverez de nombreux restaurants et poitns de vente pour effecteur diverses activités : balade en mer en voilier ou en bateau, plongée, nage avec les dauphins... Le choix ne manque pas, et un office du tourisme est à votre disposition, avec toutes les brochures existantes.


The marina, Auckland

En ce qui me concerne, je me suis rendu sur l'île de Waiheke. Compter environ 20 minutes de bateau, pour 64 dollars NZ (toujours à 2), soit environ 32,50 €. Sur place, vous pouvez vous poser sur la plage, ou, en prévoyant le coup, profiter d'un tour de l'île avec un opérateur local, qui pourra également vous proposer la route des vins, Waiheke étant réputé pour cela.

Waiheke island

Pour clôturer votre visite, je vous conseille la "vieille" ville (style colonialiste très british, qui m'a fait pensé à la ville de Québec), ou encore, visiter le musée national et ses alentours.

Auckland, museum

Voilà, prochaine étape et prochain billet : la Nikau Cave et Taupo, dans le centre.

C'est décidé, je pars !

Publié par Frédéric POILBOUT | 22:28 Le 26 janvier 2010
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Assia Rabinowitz, 
éd. Les Carnets de l'info, 240 p.,
A partir de 13,30 euros sur Amazon.fr

On a plusieurs fois traité le voyage avec des globe-auteurs comme Sébastien Jallade et son appel de la route ou encore le baroudeur Clément Bosson, tous deux, aspirés et inspirés par ce lointain qui permet pourtant si bien de se rapprocher avec les autres terriens et surtout avec soi-même. Après ces élans sociologiques, autobiographiques et aussi mystiques, place au concret !


Assia Rabinowitz nous donne toutes les clés et les règles pratiques pour aller au bout de ses rêves, c'est-à-dire en fin de compte changer son horizon quotidien et donc tous ses repères,« recommencer une vie à zéro ». D'abord il faut mettre au clair ses motivations: on ne part pas pour échapper au fisc, mais pour construire et/ou apprendre quelque chose : étudier, se perfectionner, travailler, faire du bénévolat ou encore pour connaître l'aventure. Sachez qu'il existe dans ce dernier cas toute une série de bourses alléchantes pour les pionniers en herbe qui veulent s'investir par exemple dans les actions humanitaires. Une fois le projet établi , il faut mettre au point une petite check-list qui peut au final s'avérer décourageante. Il faut vraiment penser à tout avant de changer de vie : la voiture, le logement, les assurances, les allocs, les impôts, la famille... Et encore que faire du chien, du chat ou du dernier tout petit cochon d'Inde ? La valise est forcément un peu plus longue à préparer que pour les dernières vacances à Deauville, et toutes ces étapes administratives ont une forme de passage initiatique. Puis c'est le grand saut dans l'espace et le temps : trois mois, un an ou dix... Le parcours sur place peut être jalonné d'évènements qu'il faut aussi envisager : mariage, naissance ou divorce. Préparer son départ, c'est aussi réfléchir et préparer son retour sur le sol natal et puis finalement valoriser son expérience acquise. Ce guide de premiers secours pour une première expérience à l'étranger dit vraiment tout dans le détail. Le traitement n'est pas seulement neutre et administratif, la journaliste nous fait partager de nombreuses expériences d'expats ou de jeunes erasmus en vadrouille. Car c'est bien là l'une des nombreuses qualités attribuées aux voyages : ils libèrent la parole. L'auteur livre aussi toute une somme de données bien pratiques comme par exemple le classement des villes les plus agréables à vivre. (Amateurs des chaudes latitudes, sachez que c'est Copenhague et les villes du Nord qui trônent en Europe...) ou encore les sites utiles pour le logement, le réseau ou les rencontres. A défaut de faire le tour du monde, on fait avec ce guide le tour complet de la question de l'exil en toute sécurité.

Lignes de Faille

Publié par Mourad HADDAK | 16:17
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Un livre de Nancy Huston
Actes Sud, août 2006, 496 pages
A partir de 9,02 € sur Amazon.fr


Lignes de faille a obtenu le prix Femina en 2006. Nancy Huston, d’origine canadienne, vit à Paris et a déjà publié de nombreux romans et essais chez Actes Sud et chez Leméac dont Instruments des ténèbres (1996, prix Goncourt des lycéens et prix du Livre Inter).

Lignes de Faille

Quatre enfants, quatre destins, quatre lieux et quatre époques dans ce roman à rebours. Entre eux, une « ligne de faille » qui commence en 2004 en Californie (avec Sol), se poursuit en Israël en 1982 (avec Randall) puis au Canada en 1962 (avec Sadie) pour remonter enfin en Bavière, soixante ans auparavant, dans une famille nazie (avec Kristina). L’auteure a voulu que chaque récit soit raconté par un enfant (1), à l’âge de six ans, chacun étant le parent du précédent. Ces enfants traduisent, avec naïveté, sensibilité et parfois lucidité, tout l’amour, les violences et les mystères du monde adulte. Dynamique et délaissant la ponctuation, chaque partie fonctionne de la même manière : avec en toile de fond une guerre ou un drame personnel, elle dévoile une partie du secret familial et décrit les nouvelles cassures qui forgeront les adultes de demain (2).

Quatre générations sont donc traversées par un lourd secret et reliées physiquement entre elles par un sceau héréditaire, un grain de beauté vécu tantôt comme un porte-bonheur (Kristina, Randall), tantôt comme une malédiction ou une tare (Sadie, Sol). L’écrivain remonte le temps, déroule un fil invisible mais perceptible à travers les non-dits des parents et révèle la terrible vérité à la fin de son livre : la petite Kristina est passée par les Lebensborn ou « fontaines de vie » des nazis, ces centres méconnus de la Seconde Guerre mondiale où transitaient les enfants ukrainiens, polonais ou baltes avant de rejoindre des familles d’accueil pour suppléer aux pertes allemandes entre 1940 et 1945 (3).

En refermant le roman de Nancy Huston, on ne peut s’empêcher de penser à deux personnages en particulier (Kristina et Sol) et aux interrogations qu’ils soulèvent sur les glaises de l’enfance (les univers familiaux, culturels et politiques) et sur la place fondatrice de cette dernière, notamment ses blessures, dans le cheminement des adultes (on pense ici à Sadie et Randall, sans doute les personnages les plus fragiles du roman).

Si Kristina a vécu des expériences traumatisantes, arrachée plusieurs fois à ses « familles » biologique (ukrainienne) et adoptive (allemande), subissant les effets de la guerre avec ses pénuries (le rire n’est pourtant jamais absent durant ces difficiles moments comme en témoigne le jeu de poursuite touchant entre Kristina et sa mère allemande au sujet d’un os et de son petit bout de gras) et ses drames (la perte de son « frère » Lothar), elle parvient toutefois, en soixante-huitarde précoce, à vivre une vie adulte passionnante au Canada et à New-York en devenant une chanteuse célèbre (sous le nom d’Erra) et en refusant de céder le moindre pouce de sa liberté aux normes sociales trop contraignantes des années d’après-guerre.

« Je m’empiffre de Google et deviens le président Bush et Dieu en même temps »

A l’inverse, si Sol, enfant surdoué et gâté, a la chance de grandir dans des conditions privilégiées et protégées, en Californie, entre l’amour infini de sa mère et son ordinateur-confident, sorte de « nouvelle poupée » du XXIe siècle, on ne peut qu’être effrayé, malgré la dérision de l’auteure, par ses pensées névrotiques et perverses non parce qu’il se prend pour le fils de Google et de Dieu (tous les enfants se pensent à l’âge de six ans invincibles et immortels) mais en découvrant sa délectation pour les cadavres irakiens et les scènes pornographiques sur internet. Un nouvel Hitler en puissance sommeille en Sol, l’arrière-petit-fils de Kristina. Entre une « chanteuse géniale » et peut-être un futur « génie du Mal », il n’y a que deux générations qui les séparent.

Plaidoyer contre les guerres qui façonnent le destin de chaque enfant, interrogation sur la responsabilité des adultes et de leurs silences, le dernier roman de Nancy Huston, malicieux et sans complaisance, repose de façon originale mais brillante les rapports entre l’amour, la haine et l’oubli.

(1) Dans Prodige (Actes Sud-Leméac, 1999) et Dolce Agonia (2001), Nancy Huston avait également adopté un procédé de narration polyphonique.
(2) Sur le thème de la responsabilité des adultes, voir un autre roman de Nancy Huston, La Virevolte paru aux éditions Actes Sud-Leméac en 1994.
(3) Pour plus d’informations, voir le livre de Gitta Sereny, The German Trauma : Experiences and Reflections 1938-2001, Penguin, Londres, 2001. Sur l’ordre de Heinrich Himmler, plus de deux cent mille enfants des pays de l’Est furent volés dans le cadre de ce programme de « germanisation ».

3ème édition du Festival « Partir Autrement »

Publié par Sébastien MICHEL | 23:44 Le 25 janvier 2010
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Fondée en 1987, l’association Aventure du Bout du Monde (ABM) a pour objectif de promouvoir le voyage dans le respect des populations et des pays visités. Elle organise, la 3ème édition du Festival « Partir Autrement », les 10 & 11 avril prochain à l’Espace-Reuilly, dans le 12ème arrondissement, à Paris. Ce rendez-vous est axé sur le tourisme durable

Vivre une aventure unique, s’immerger dans des communautés locales, mener des actions solidaires, rencontrer les personnes qui oeuvrent à un monde et un tourisme meilleur, partir à pied, à vélo, en bateau, partir pour créer, voyager pour se réaliser à la rencontre des autres et de soi-même.

Whangarei Falls

Convaincu de l’impact positif d’un tourisme responsable dans les pays en voie de développement, ABM va présenter pendant 2 jours des projections et organiser des débats autour de réalisateurs et d’auteurs, témoins d’une autre façon de voyager. Il sera également possible de rencontrer et partager l’expérience de conférenciers et de voyageurs pratiquant une autre forme de tourisme.

Le programme des projections :
- Le printemps des bonsaïs,(80’) Film de Léa Domenach et Arnold Montgault
- Jigiyasira, le chemin de l'espoir (30') Film de Francesco Matera et Igor Molino
- La province oubliée (52') Film d'Oliver Dickinson
- Avec les Tsaatanes (63') Film de Laetitia Merli
- La voix des glaces (10') composition poétique d'Emmanuel Hussenet
- Equité en Equateur (26') Film de Luc Hossepied
- Retour au désert (52') Film de Thierry Bugaud et Kristof Bonfils
- Sous les étoiles du pôle (52') Film d'Hugues de Rosière
- Goldmen, résistants pour la terre de Cyril Peyramond et Sébastien Viaud
- Pachamama (45') Film de Lorris Coulon et Mathias Ayraud
- Le sentier interdit…d'une éternelle quête (53') Film de Pierre Anglade
- La nuit du Shaman (52') Film de Véra Frossard
- Random Street View/Random GPS Images du collectif Nogo Voyages

Les débats :
- Micro crédit et commerce équitable, des outils pour un tourisme durable
- Tourisme responsable, solidaire, écotourisme : des réseaux, des initiatives
- Plate forme sur le commerce équitable
- Partir pour se cultiver, partir pour créer

Lieu : Espace Reuilly – 21 rue Hénard – 75012 Paris
Accès : M° Montgallet ou Dugommier, bus 29, 46, 62
Tarif non-adhérent ABM : journée ou soirée 12 €
Tarif adhérent ABM : journée ou soirée 8 €
Samedi de 10h30 à 18h30, soirée à 18h30

Information et réservation :
Aventure du Bout du Monde (ABM)
11, rue de Coulmiers
75014 Paris
Tél. : 01 45 45 29 29
courriel : adhabm@free.fr

Akhenaton : Du mystère à la lumière

Publié par Mourad HADDAK | 16:14
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Marc Gabolde,
Editions Gallimard, "Découvertes Histoire", n° 478, novembre 2005, 128 pages

A partir de 12,34 € sur Amazon.fr

Les éditions Gallimard viennent de publier un ouvrage clair, instructif et soigneusement illustré sur le règne et l’influence du pharaon Akhenaton, inventeur vers 1350 avant J.-C du premier monothéisme de l’histoire. L’auteur est un égyptologue spécialiste de la période amarnienne1. Maître de conférence à l’Université Paul Valéry-Montpellier III, il dirige actuellement une mission archéologique dans la nécropole royale de Tell el-Amarna.

Hotel Panorama Resort 5* - Hurghada, Egypt

Le titre accrocheur mais justement formulé possède un double sens. Si Akhenaton (1356-1339 av. J.-C.) a fait l’objet de nombreuses études, souvent passionnées depuis le XIXe siècle, la documentation archéologique le concernant reste pauvre et fragmentaire. L’une des raisons est que ses successeurs ont voulu effacer la mémoire du roi « hérétique » : il disparut ainsi des chroniques royales sous son ancien général Horemheb et, sur les monuments, les noms et représentations iconographiques de la famille royale furent systématiquement mutilés. Entre les faits archéologiques reconnus et les zones d’ombre, Marc Gabolde revendique « le recours à l’intuition (…) pour combler les lacunes ». Selon l’auteur, « la spéculation n’est pas un dévoiement de la méthode historique, mais son essence même » (p. 13).

La « lumière » qui figure dans le titre symbolise par ailleurs le culte unique voulu par le dixième roi de la XVIIIe dynastie. Amenhotep IV (ou Aménophis IV, futur Akhenaton) n’a que dix ans lorsqu’il succède à son père Aménophis III (1393-1356 av. J.-C.). Le royaume est alors redouté et prospère. L’Egypte établit à la fois des Etats vassaux en Palestine et des relations diplomatiques avec ses voisins de Mésopotamie qui lui assurent la paix à ses frontières, au nord. Avec son épouse Nefertiti², le nouveau pharaon va rapidement mettre en place le culte unique du disque-Aton, manifestation visible du dieu solaire qui dispense la vie et entretient la création. Il bouscule ainsi des siècles de polythéisme et le puissant clergé de Thèbes (gardien du sanctuaire d’Amon à Karnak, le dieu « caché », le dieu du « mystère »).


La révolution d’Aton : de la lumière à l’obscurité
Dès le début du règne, un grand complexe cultuel est dédié au disque solaire à Thèbes, sur la rive droite du Nil. Les anciennes divinités sont encore vénérées. Dans les nouveaux temples, le « dieu » n’est plus caché dans le naos (salle fermée, obscure et renfermant la statue du dieu local). Les cours des sanctuaires sont dorénavant à ciel ouvert. De nouvelles techniques de construction sont imaginées pour ériger rapidement les futurs édifices (p. 37). Les grandes pierres de calcaire ou de grès sont ainsi remplacées par des briques crues (appelées « talatates »), plus aisées à transporter et à assembler.

Devant les réactions hostiles des prêtres d’Amon, le pharaon fonde une nouvelle capitale sur le site actuel de Tell el-Amarna, Akhetaton (« l’Horizon d’Aton »), en 1351 avant J.-C. (an V), dans un territoire pratiquement vierge entre Memphis au nord et Thèbes au sud. La ville, sorte de Versailles antique, comptera jusqu’à 50 000 habitants. Il y fait venir hauts fonctionnaires (pour lesquels il accordera des villas, des esclaves, des revenus importants… pour les inciter à s’installer dans la cité sainte) ainsi que des milliers d’artisans et ouvriers.

Amenhotep IV s’appelle désormais Akhenaton (« Celui qui est profitable à Aton ») et commande, vers l’an VI, la destruction sur tous les édifices du nom et des images d’Amon. La « fureur iconoclaste » s’étend ensuite aux autres divinités. Cependant, cette « réforme » religieuse reste limitée pour l’essentiel à la région thébaine. De nombreux sanctuaires et monuments furent épargnés, soit « par négligence, lassitude ou respect des dieux » (p. 42). Pour une grande partie de la population, le fait qu’Akhenaton ait délaissé les cultes traditionnels et n’ait pas honoré les anciennes divinités a sans doute été considéré comme « impie ».

Il y a une corégence, manifeste dans l’art et les rituels, entre le dieu solaire et le roi terrestre. Aton étant muet et inaccessible (mais contrairement au Dieu de l’Ancien Testament, il ne révèle rien et n’a aucune « dimension éthique »), l’adoration du pharaon et de sa famille devint le seul moyen officiel d’accès au monde divin. Des reliefs représentent Akhenaton, Nefertiti et ses enfants dans des scènes intimes et émouvantes, sous la protection des rayons du disque solaire. L’art amarnien commencé à Thèbes se déploie de façon étonnante dans des figures royales allongées, à l’ossature apparente, et aux traits marqués (voir les belles illustrations commentées des pages 47 à 50). Cet art accorde aussi plus de place à la nature et à la flore, censées « refléter l’œuvre créatrice » d’Aton (p. 70-71).

Pour Marc Gabolde qui reprend dans une remarquable synthèse les travaux de l’Allemand Jan Assmann, la remise en cause du polythéisme s’inscrirait dans une crise religieuse plus ancienne. Il y aurait une nouvelle « phénoménologie » qui se serait mise lentement en place durant la XVIIIe dynastie. Seuls « les phénomènes accessibles aux sens » auraient tendance à être pris en compte et aboliraient « de fait tout l’imaginaire, la mythologie et les spéculations théologiques d’autrefois » (p. 44). De plus, les pratiques religieuses seraient devenues plus personnelles et inquiètes. Le scepticisme sur le sens de l’embaumement et sur l’au-delà s’exprimeraient d’ailleurs bien avant le règne d’Amenhotep IV (voir les Chants du harpiste dits aussi Litanie d’Antef, texte célèbre qui perdurera jusqu’à l’époque ptolémaïque). Les statues et autres images des défunts (p. 52-3) n’hésiteraient plus à figurer la douleur des deuils3 et les doutes sur la vie après la mort.

A la fin du règne, plusieurs épreuves frappent l’Egypte et sont perçues à l’époque comme des châtiments divins. De nombreux décès endeuillent la famille royale. Une épidémie de peste en serait à l’origine. En 1339 avant J.-C., les armées égyptiennes, envoyées en Syrie pour mater une révolte des peuples vassaux et soutenue par les Hittites, sont sévèrement battues.

Après la mort d’Akhenaton à l’âge de vingt-sept ans, la mémoire du roi sera persécutée, la cité royale abandonnée, devenant une « Pompéi des sables » et le culte unique d’Aton disparaîtra. Toutânkhamon (dernier enfant d’Akhenaton) restaurera, à la suite de sa soeur Merytaton, les anciens cultes et transférera, dans la Vallée des Rois, la dépouille de son père enterré à Amarna.

La postérité d’Akhenaton
L’influence d’Akhenaton fut perceptible chez ses successeurs : ainsi, la divinisation de Ramsès II repris le modèle du roi « hérétique ». La piété personnelle fut également plus affirmée tandis que l’art amarnien, notamment dans ses thèmes naturalistes, s’épanouit dans la sculpture ramesside.

Au XIXe siècle, la découverte de la théologie établie par Akhenaton remit en cause l’évolution déterministe des religions. Plus tard, le père de la psychanalyse, Sigmund Freud, établit en 1939 une comparaison entre Moïse et le pharaon, ces deux derniers étant vus comme des « despotes éclairés4 ».

Erik Hornung, professeur d’égyptologie à Bâle, fait d’Akhenaton le « premier homme moderne5 » dans l’invention d’un « principe unique » expliquant « la création du monde ». Laissons à E. Hornung le soin de la conclusion dans un extrait qui résume bien les interrogations actuelles, parfois fantasmées6, que la pensée révolutionnaire d’Akhenaton continue de susciter : l’échec du pharaon montrerait selon le chercheur que « nous sommes rattrapés et dominés par tout ce que nous négligeons ou refoulons. Akhenaton était peut-être le premier fondamentaliste de l’histoire, et c’est pour cette raison qu’il est aujourd’hui encore un de nos contemporains, et qu’il est impossible de ne pas nuancer de respect et de sympathie la critique de son action » (p. 115).

1. Du nom de la capitale établie par Akhenaton à partir de 1351 av. J.-C. sur le site actuel de Tell el-Amarna.
2. Le célèbre buste de Nefertiti a été retrouvé à Tell el-Amarna, dans l’atelier du sculpteur Thoutmosis même s’il fut vraisemblablement exécuté à Thèbes selon Marc Gabolde. Rapporté en Allemagne après sa découverte en 1912 par l’archéologue Ludwig Borchardt, la sculpture de la reine, par la perfection et la régularité de ses traits, est considérée comme l’un des symboles de l’art et de la beauté antiques.
3. On ignore ce qu’il en fut de la momification sous le règne d’Akhenaton, aucune dépouille de la famille royale n’ayant été retrouvée dans les tombes de Tell el-Amarna.
4. Sigmund Freud, L’Homme Moïse et la religion monothéiste, Paris, Gallimard, Folio essais, 1986.
5. Erich Hornung, Akhenaten and the Religion of Light, Cornell University Press, Ithaca and London, 1999.
6. Voir en particulier la représentation qu’en donne E. P. Jacobs dans sa célèbre bande dessinée Le mystère de la Grande Pyramide parue en 1950.

Cinq conférences sur la psychanalyse

Publié par Frédéric POILBOUT | 17:55 Le 24 janvier 2010
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Freud, Livre audio, 1 CD MP3
éd. Sonobook
A partir de 16,06 € sur Amazon.fr


Ces cinq conférences sur la psychanalyse sont lues par le comédien Michel Chaigneau. Elles ont été données en 1904 à la Clark University du Massachussetts. Freud y parle pour la première fois publiquement de la psychanalyse. On écoute avec beaucoup d'intérêts la matière acquise par le maître de la psychanalyse à l'issue de ses quinze années de recherche. Il expose avec clarté les travaux qu'il a menés sur la névrose, l'hystérie, usant de nombreux exemples et de comparaisons pour faire comprendre à ses auditeurs ses nouveaux concepts et ses vues nouvelles.


Ses théories s'appuient sur l'observation de ses patients et sur les expériences du médecin et physiologiste Joseph Breuer. Il dévoile sa méthode qui fera école : apprendre du malade quelque chose que ne sait pas le docteur et dont le sujet lui-même ignore. Les travaux sur l'hypnose et le traitement cathartique permettent notamment d'éclairer le processus complexe de l'hystérie, considérée comme les résidus d'évènements traumatiques. Les souvenirs oubliés ne sont pas perdus, ils restent dans la possession du malade mais il existe une force qui résiste à la réminiscence. Le docteur révèle ainsi le conflit psychique entre la conscience et l'inconscient. Il expose à la suite son interprétation des rêves dont l'importance doit convaincre de la valeur de la psychanalyse. Freud rappelle ainsi que « les productions oniriques ressemblent aux productions des maladies mentales ». Outre cette analyse passionnante des rêves, ces conférences développent aussi les thèmes de la libido, des actes manqués et lapsus, de la sexualité infantile ou encore du complexe d'Oedipe. Cette mise en lumière de notre bouillonnement intérieur et des phénomènes psychiques est devenu un point de départ incontournable pour qui veut s'intéresser à sa part d'ombres.

Pourquoi nous avons besoin des américains ?

Publié par Mourad HADDAK | 17:16
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Nicole Bacharan
éd. Seuil, février 2007, 144 pages
A partir de 11,39 € sur Amazon.fr

Au moment d’une campagne présidentielle française où les enjeux internationaux brillent étrangement par leur absence, on peut regretter les limites d’un essai qui propose une analyse réchauffée sur l’antiaméricanisme et un appel simpliste à un « nouvel atlantisme ».

Pourquoi nous avons besoin des Américains ?

« Alter-puissance » contre « hyper-puissance » ?
Le début de l’essai commence par une interrogation que nous nous sommes tous posée, au moins une fois dans notre vie. L’auteur réfléchit ainsi à la question de son « engagement » en 1940 après la Débâcle. Aurait-elle été « passivement » vichyste, par réalisme et fidélité à la France que prétendait incarner l’ancien « vainqueur de Verdun », Philippe Pétain ? Ou aurait-elle suivi le général Charles de Gaulle qui appela très tôt les Français à résister à l’Occupant allemand ? Par cet exercice comparatif éculé, Nicole Bacharan nous suggère de repenser dans l’urgence et avec lucidité notre vision d’un monde instable et déroutant qui échappe si souvent à l’analyse.

Poursuivant sa logique, elle continue évidemment le questionnement sur le véritable ennemi d’aujourd’hui. Quel est-il ? « L’hyper-puissance » américaine comme l’affirment, en France, une certaine gauche et une droite chiraco-villepiniste trop fières de proposer un « alter-modèle » aux Etats-Unis ? Ou le nouveau totalitarisme vert, islamiste s’entend, qui perpétue comme le nazisme ou le stalinisme, au siècle précédent, sa haine de la liberté et de la démocratie ?

Récusant toute idée de « choc des civilisations » (1) ou d’idéalisation de la première puissance du monde, Nicole Bacharan, politologue et historienne spécialiste de la société américaine (2), rappelle que le totalitarisme islamiste ne veut pas seulement créer une ligne de front entre Orient et Occident. Le fossé se constitue surtout à l’intérieur même des nations, en premier lieu musulmanes, entre les habitants épris de liberté, de justice et de démocratie et ceux qui sont motivés par la haine, la violence (qui s’exerce d’abord et toujours contre les femmes), le rejet de la liberté, en un mot de la « barbarie ». Cette fracture doit interpeller les consciences occidentales qui ne doivent pas oublier leur responsabilité malgré les errements de la politique de George W. Bush et de ses conseillers, véritables « apprentis sorciers de la démocratie ».

Selon la chercheuse, « ceux qui dénoncent aujourd’hui l’impérialisme de l’Amérique risquent de regretter bientôt son indifférence ». Elle ajoute « qu’il ne peut y avoir de protection ou de progrès du droit et de la justice sans un engagement américain que l’on souhaite sage, fort et durable, « nation indispensable » pour la sécurité du monde (dixit Madeleine Albright, ancienne secrétaire d’Etat)… ni sans une France ou une Europe annonçant clairement leur fidélité aux valeurs communes ».

« Pour un nouvel atlantisme »
Pour l’essayiste, la France et les Etats-Unis partagent des valeurs (les libertés, l’idée de progrès et la démocratie) et des intérêts communs qui sont supérieurs à leurs divergences, mêmes aggravées sous la présidence de G. W. Bush.

Après avoir démonté fort justement les nombreux clichés antiaméricains (sur la violence du modèle social, de la justice, sur l’éducation, le communautarisme ou l’influence de la religion) au sujet desquels les prétendues différences françaises ne sont pas forcément à l’avantage de notre pays (3), Nicole Bacharan appelle à la refondation d’un « nouvel atlantisme ». La France, « nation indispensable » en Europe doit reprendre la main et montrer le cap à ses partenaires. L’Union européenne, commencée en 1957 et rejointe récemment par les anciens pays du Bloc de l’Est qui sauraient mieux que les autres le goût et le prix de la liberté, doit développer une politique de défense commune, au sein d’un dispositif à « géométrie variable », en harmonie avec l’OTAN qui apporte à la fois soutien militaire et protection nucléaire à ses membres. Cette dernière organisation dominée de fait et à raison par les Etats-Unis qui auraient su prendre leurs responsabilités depuis sa création en 1949 doit maintenir la paix dans les zones en péril en privilégiant le « nation-building » (l’option militaire et démocratique est insuffisante, à la lumière de l’expérience irakienne, si on ne règle pas aussi les questions économiques et sociales) et en ouvrant son partenariat à d’autres pays ou régions du monde afin de ne pas apparaître comme « le bras armé du monde occidental » ou « comme une entreprise coloniale sous commandement américain ».

Un cri du cœur, un peu naïf, traverse de bout en bout l’essai de Nicole Bacharan, passionnée par le pays de Jefferson et de Luther King et attristée, il est vrai, par les stéréotypes et impostures d’une partie des élites françaises. Les accusations injustes et brutales dirigées contre « l’ami américain » sont dangereuses à terme pour la sécurité du monde et celle de l’Europe en particulier. Cet antiaméricanisme, cette « obsession » française, est une « vieille passion » qui remonte au XVIIIe siècle et qui s’est transmise jusqu’à nous, agrégeant de nouvelles rancunes au fil du temps (4).

« Les décennies de quiétude que connaît la France depuis un bon demi-siècle ont laissé s’installer, dans de nombreux esprits, la conviction que la paix était durable, que la démocratie avait atteint son équilibre et que, à condition de faire l’effort de l’écouter et de le comprendre, l’être humain était bon. […] Je crains que cette France du troisième millénaire, qui cultive sa différence, se noie dans l’angélisme. »

Devant les turbulents défis géopolitiques de ce début de XXIe siècle, avec la virulence du terrorisme islamiste, les provocations de l’Iran, le réchauffement climatique, les guerres civiles en Afrique ou la résurgence des « vieux démons » en Occident (l’extrême-droite ou l’esprit inquisitorial greffé aux nouvelles technologies qui menacent les libertés démocratiques), Nicole Bacharan interpelle vivement les futurs responsables politiques à une refondation de l’alliance entre les Européens et les Américains qui serait un « nouvel atlantisme, ouvert, éclairé et équilibré ».

« L’Amérique aimée par Jean Monnet a été engloutie par l’Histoire. L’OTAN n’est plus qu’une figure rhétorique » (Alain Minc)
Et si l’Europe construisait une puissance régionale toujours alliée (le contraire serait un non-sens) mais moins dépendante des Etats-Unis sur le plan stratégique et militaire ? Le livre manque de clarté à cet égard (5) et évacue trop vite les critiques formulées à l’encontre de la politique actuelle de ce pays. Reprenons le jeu de l’introduction : fallait-il soutenir le président américain dans ses choix (erronés on le sait), si mal justifiés en 2003 ? Ou se taire et refuser de prendre la tête, à l’ONU, du camp anti-guerre au nom des intérêts communs ? Ou encore, si le cas devait se présenter, faudrait-il suivre une action radicale de l’administration américaine qui serait militaire et pas seulement diplomatique concernant le programme nucléaire iranien ?

Nicole Bacharan élude certains développements majeurs de la politique américaine qui continueront de se poser après le mandat de G. W. Bush. Qui peut croire que le futur président américain, peut-être démocrate avec Hillary Clinton, modifiera en profondeur l’action de la première puissance au plan international (5) ? L’interventionnisme unilatéral n’est pas une construction récente et continuera de guider, à l’instar d’autres options, les deux grands courants politiques aux Etats-Unis. On aurait voulu une réflexion plus argumentée, moins évasive des relations transatlantiques. L’idée de la « dérive des continents » est-elle vraiment exagérée comme le défend la politologue ? Faut-il plutôt soutenir la thèse iconoclaste de l’économiste Alain Minc (6) d’un « divorce des valeurs » et des intérêts irréversible entre l’Amérique et l’Europe ? Nous verrions selon lui « les Etats-Unis avec les yeux d’hier ».

Il ne suffit pas de rappeler les liens étroits et complexes qui unissent nos démocraties. Leurs divergences nécessitent sans doute une autre analyse. A cet égard, il faut se préserver autant des simplifications que des fantasmes.

Peut-on proposer d’autres schémas géopolitiques ? A l’heure de l’émergence des nouvelles puissances comme l’Inde, la Chine et la constitution autonome d’axes régionaux en Amérique du sud, en Asie et en Afrique qui bouleversent les représentations traditionnelles des « politiques étrangères », la question de l’OTAN et de ses buts mérite d’être posée, sans arrière-pensée. Si la France doit accepter son nouveau statut de « puissance moyenne » (dixit l’auteur), les Etats-Unis ne doivent-ils pas mieux prendre en compte « l’univers kantien » des relations internationales (la priorité à la diplomatie) en s’appuyant sur une ONU renforcée et sortir de leur obsession « hobbesienne » (l’usage de la force dans un monde anarchique) ? Un vaste chantier et assurément beaucoup de questions auxquelles ne répond pas, malheureusement, le livre de Nicole Bacharan.

(1) Théorie culturelle et controversée des relations internationales développée par l’Américain Samuel Huntington dans son fameux article “The clash of civilizations ?”, paru dans Foreign Affairs, (été 1993, p. 22-49). On peut lire en français, du même auteur, Le choc des civilisations, Paris, Odile Jacob, 1997.
(2) Récemment, Nicole Bacharan a écrit deux essais, Faut-il avoir peur de l’Amérique, (Seuil, 2005) et Américains-Arabes : l’affrontement (avec Antoine Sfeir, Seuil, 2006).
(3) Voir l’analyse brillante de Frédéric Martel sur l’état de la culture aux Etats-Unis, loin des caricatures ressassées en France, dans De la culture en Amérique, Gallimard, 2006.
(4) Sur cette question bien connue, on peut lire Pierre Rigoulot, L'antiaméricanisme : critique d'un prêt-à-penser rétrograde et chauvin, Robert Laffont, 2004 ou Philippe Roger, L'Ennemi américain : Généalogie de l'antiaméricanisme français, Seuil, 2004 et bien sûr l’incontournable contribution de Jean-François Revel, L'obsession anti-américaine, Pocket, 2003.
(5) On préférera à celui de Nicole Bacharan l’ouvrage plus savant de Robert Kagan qui s’intitule La puissance et la faiblesse, édité récemment par Hachette, en 2006.
(6) Pour Alain Minc, dans Ce monde qui vient (Grasset, 2004), les Etats-Unis, plus tournés vers l’Asie et l’Amérique latine, seraient devenus, en partie par sa démographie, un « pays-monde », multiculturel et, de fait, de plus en plus éloigné du continent européen : « L’Amérique aimée par Jean Monnet a été engloutie par l’Histoire. L’OTAN n’est plus qu’une figure rhétorique. A nouvelle Amérique, nouvelles relations. Un « pays monde » n’est l’allié de personne, l’obligé d’aucun passé, l’héritier d’aucun devoir historique. Il ne doit susciter ni sympathie aveugle, ni antipathie viscérale : l’évolution des Etats-Unis crée un nouvel état de fait ; nous devons nous y adapter avec lucidité et empathie. »

Les chants de la Walkyrie, Tome 1

Publié par Mourad HADDAK | 13:36 Le 23 janvier 2010
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Edouard Brasey,
Belfond, octobre 2008, 396 pages
A partir de 19 € sur Amazon.fr

Première partie de « La Malédiction de l’anneau », saga en quatre volumes (1), Les chants de la Walkyrie, sans doute, feront date dans l’univers de la fantasy française. L’auteur, spécialiste reconnu des légendes celtiques et nordiques, a déjà publié une trentaine d’ouvrages dont La Petite Encyclopédie du merveilleux (Le Pré aux Clercs) qui a reçu en 2006 le prix spécial du jury du festival Imaginales d'Épinal et le prix Claude-Seignolle de l'imagerie.

Les chants de la Walkyrie, Tome 1

Edouard Brasey, un scalde moderne (1)
Est-il encore utile de rappeler que nos écrivains français n’ont plus rien à envier aux auteurs anglo-saxons dans le domaine de la fantasy ? En effet, on connaissait le talent de Jean-Louis Fetjaine, merveilleux conteur des Chroniques des elfes ou celui de Pierre Grimbert, créateur de l’étonnant Cycle de Ji. Il faut assurément ajouter, dans la cour de ces maîtres enchanteurs, le « poète » Edouard Brasey. Dans des pages au style parfois enlevé, épiques et sombres à la fois, comme écrites sous l’envoûtante dictée d’un ancien scalde viking, le romancier parvient à redonner vie aux anciennes sagas nordiques suivant les pas du compositeur allemand Richard Wagner (L’Anneau du Nibelung, célèbre tétralogie présentée pour la première fois au festival de Bayreuth en 1876) et l’écrivain britannique John R.R. Tolkien (Le Seigneur des anneaux achevé en 1955).
« Mon nom est Brunehilde. Je suis une Walkyrie, née comme mes sœurs de la semence sacrée du dieu Odin et du ventre ombreux d’Erda, la déesse Terre. Sur la roue éternelle du temps, j’ai été tour à tour fière déesse, guerrière farouche ou femme soumise aux bonheurs et aux tourments humains. J’ai connu les félicités et les béatitudes réservées aux divinités, j’ai connu l’enthousiasme et l’ivresse des combats, j’ai connu les vertiges de l’amour, les poisons de la trahison et la saveur amère de la vengeance, mais je n’ai pas connu la sérénité de la mort. Je suis une Walkyrie et je suis immortelle. »

Les « chants de la Walkyrie » ou le récit d’une lignée maudite
Les chants de la Walkyrie racontent les origines de la « malédiction de l’anneau » à travers le récit des aventures de Brunehilde, fille d’Odin et d’Erda, dans les domaines des dieux et celui des hommes. Elle est l’une des neuf Walkyries, vierges guerrières qui choisissent sur les champs de bataille les héros dignes d’être admis dans le Walhalla, le paradis des braves. Pour perpétuer l’étincelle divine chez les hommes quand adviendra la chute des dieux, elle reçoit mission par son père de sauver la lignée des rois mortels du Frankenland qu’il a engendrée, menacée de disparaître du fait du courroux de son épouse jalouse, Frigg, la déesse des serments et des liens du mariage. En possession d’une pomme d’éternelle jeunesse dérobée dans le verger de Freya à l’instigation d’Odin, décidément bien trop « humain », contraint de contrevenir aux lois qu’il a pourtant fondées en s’évertuant en vain à rattraper les conséquences fâcheuses de ses fautes passées, sa fille, Brunehilde, doit abandonner son statut divin et accepter une existence simple parmi les habitants des régions du Rhin, sur les terres du Midgard (« terres du Milieu »), en se mettant au service de l’inféconde reine Vara et de son époux, Rérir. Ce dernier tente de rallier les tribus germaniques à ses projets de paix et d’unité. Tantôt guidée par Odin, par moments accablé par les drames qu’il a le don de provoquer, tantôt rejetée par lui au milieu des fracas de la guerre, des ambitions des chefs de clans, des ruses et intrigues initiées par le génie du Feu Loki, terrible « brandon de discorde » parmi les antiques Ases, Brunehilde doit apprendre à tracer sa voie parmi des humains frustes et violents mais aussi attirants par leur liberté et insouciance. Placée, par l’impétueux flot de la destinée, au cœur d’une famille saignée et malmenée par les errements de son père et la malédiction de « l’anneau du Nibelung », la Walkyrie nous narre la fin du monde et le combat désespéré d’Odin contre la prédiction des Nornes (les Parques du Nord), celle du « crépuscule des dieux », le jour du Ragnarök (3).

Des dieux et légendes longtemps suspects aux yeux du public
Comme nous l’écrivions plus haut, Edouard Brasey reprend et transforme une littérature scandinave qui a servi d’inspiration au compositeur Richard Wagner (sa Walkyrie est une des musiques fortes du film Apocalypse Now de Francis Ford Coppola) et à l’écrivain John R. R. Tolkien pour son immense fresque du Seigneur des anneaux (l’anneau maudit du Nibelung est devenu celui de Sauron et la région du Midgard sert de modèle à sa « Terre du milieu » par exemple). Cependant, force est de reconnaître que dans la littérature fantastique, les divinités nordiques ont moins influencé les écrivains que la geste arthurienne ou les mythologies grecque ou orientales (4). Pour Brasey, dans son avant-propos, il faut trouver l’origine de cette suspicion aux « yeux du public » dans « la manipulation tendancieuse, orientée par certains chantres de l’hégémonie germanique et de l’inégalité des races voici un peu plus d’un demi-siècle. » L’influence de la « Société de Thulé » sur les dignitaires nazis entre les deux guerres mondiales et la « fabrication » d’un imaginaire propre à galvaniser les foules allemandes sont bien connues des historiens (5). Plus loin, l’écrivain ajoute que « de nombreux récits de fantasy se sont inspirés des mythologies nordiques, mais dans le but de créer d’autres univers originaux, un peu comme l’avait déjà fait Tolkien. » Si le but de la présente saga était de réintégrer comme il se doit les légendes nordiques au sein de la littérature contemporaine, le pari d’Edouard Brasey est à l’évidence réussi.

(1) Un « scalde » est un poète scandinave du Moyen Âge. Le plus connu d’entre eux est l’Islandais Snorri Sturluson (1179-1241) auteur de l’Edda (connue encore sous les noms d’Edda en prose ou de Jeune Edda), œuvre majeure pour la connaissance de la mythologie nordique (une traduction en a été faite par François-Xavier Dillman chez Gallimard dans la collection « L’Aube des peuples », en 1991).
(2) Pour plus de détails, voir ici le très bon site internet de la maison d’édition Belfond qui consacre plusieurs pages à l’auteur et sa tétralogie.
(3) Dans la même veine, on conseille la lecture d’un bel ouvrage, chez l’Atalante, celui de l’espagnol Javier Negrete, Seigneurs de l’Olympe (prix Minotauro), paru en octobre 2007 et qui narre avec délice, grâce aux emprunts tirés des mythologies grecque et nordique, décidément à la mode, les aventures de Zeus pour sauver son trône de l’ambitieux Typhon, fils de Cronos, au milieu des intrigues et complots de l’Olympe.
(4) Parmi les rares ouvrages, nous pouvons citer celui de l’écrivain et historien Claude Mettra, La Chanson des Nibelungen paru en 1984 (Albin Michel).
(5) Sur ce sujet, voir l’étude de l’historien américain, d’origine allemande, George L. Mosse (décédé en 1999), Les racines intellectuelles du Troisième Reich paru en 2006 aux éditions Calmann-Lévy. Voir également Le national-socialisme et l'antiquité, de Johann Chapoutot (PUF, octobre 2008, 544 pages, 28 euros) qui s'interroge : « Quelle curieuse manie a pu pousser, en plein XXe siècle, les dignitaires du régime nazi à parler, et à parler autant, des Grecs et des Romains ? »

Cambodge et Khmers rouges, une tragédie oubliéel

Publié par Frédéric POILBOUT | 19:49 Le 22 janvier 2010
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Méas Pech-Métral, Georges Bogey,
éd. de l'Astronome, 176 p.
Seulement 17,10 € sur Amazon.fr

2 millions de Cambodgiens sont morts sous le régime de Pol Pot. C'est l'histoire de cette tragédie oubliée que nous rappellent les auteurs de cet ouvrage. Après 5 ans de guerre entre Républicains soutenus par les USA et Khmers rouges, ces-derniers se sont installés au pouvoir et ont imposé à un pays meurtri une doctrine communiste radicale et sanglante.



Parmi les mesures inhumaines prises par ces révolutionnaires, on peut noter la volonté d'exécuter tous les cadres du régime républicain, d'évacuer les habitants des villes vers les campagnes ou encore d'éclater toute cellule familiale. Les nasillons de ce régime totalitaire sont des adolescents fanatisés et misérables, issus de campagne qui vont partout faire régner la terreur en procédant à des massacres de population. Il reste aujourd'hui de ces années de domination cruelle un pays exsangue qui a perdu toutes ces élites pensantes et qui ne s'est pas encore réconcilié avec son douloureux passé. Le procès des dirigeants khmers n'a pas encore eu lieu. Dans la seconde partie de ce livre, Georges Bogey retranscrit sous la forme du langage poétique et de la photographie, les impressions et les images que lui a livré ce pays douloureusement beau. Un témoignage vital pour éviter le pire : oublier cette innommable tragédie.

De musiques en berceuses

Publié par Frédéric POILBOUT | 23:26 Le 21 janvier 2010
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Isabelle Lecerf-Dutilloy,
anacrouse.net
A partir de 20,95 € sur Amazon.fr


Vous avez épuisé tous les chants et comptines pour endormir de votre voix éreintée le nouveau né qui résiste à toutes vos gammes ? Essayez donc les berceuses interprétées par Isabelle Lecerf-Dutilloy. Elle a composé un florilège à partir des plus douces et tendres musiques du répertoire classique afin de ravir l'écoute des grands et des tout-petits et les conduire sans heurts jusqu'au bras de Morphée... La pianiste a également inséré dans cet écrin musical quelques morceaux de sa composition intitulée « un dimanche à la campagne ».
Désormais Chopin, Ravel, De Falla, Schumann, Tanguy, Satie et Mozart seront à vos côtés pour apaiser les pleurs et angoisses du coucher et initier dans le même temps votre jeune étoile filante aux plus belles partitions. L'orchestration réalisée par Gilles Rogia qui a semé ici et là quelques bruits délicats et légers de vent, de vagues et de chants d'oiseaux affine l'effet totalement relaxant de ce spa sonore : quoi de plus harmonieux et paisible en effet qu'une sonate au clair de lune ou une gnossienne de Satie ? Ça y est, l'enfant s'est endormi... à votre tour de profiter des bienfaits apaisants de ces rêveries musicales.

Le portrait de Dorian Gray

Publié par Frédéric POILBOUT | 19:47
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Oscar Wilde,
Cd MP3, éd. Sonobook
Seulement 26,13 € sur Amazon.fr

Retrouvez le plus célèbre roman d'Oscar Wilde sur MP3 pour savourer n'importe où les beautés de ce grand texte, lu par 6 comédiens.



On rappelle l'intrigue : Dorian Gray est un jeune éphèbe qui inspire son ami artiste peintre Basil Hallward. Il lui façonne un portrait si beau que le peintre refuse de l'exposer. Trop fascinant. Dorian, lui, est fasciné par les théories hédonistes de Lord Henry, ami de Basil qui le flatte et l'entourloupe au point que le jeune homme devient jaloux de sa propre image. C'est désormais ce tableau qui prendra les rides et les blessures du temps alors que Dorian restera pour longtemps le bel Adonis qu'il était jusqu'à sa rencontre avec sa mauvaise conscience et son égo miné de vices. Ce roman fantastique est nourri des thèmes de réflexion chers à l'auteur : esthétisme, art, jeunesse, autant de formules que le grand Wilde a semé pour faire de son roman un classique désormais intemporel.

La ballade de baby

Publié par Frédéric POILBOUT | 19:43 Le 20 janvier 2010
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Heather O'Neill,
éd. 10/18, 380 p.
Seulement 12,35 € sur Amazon.fr

Baby est une gamine de Montréal. Sa vie est une ballade, pas une promenade de santé pour tout dire. Visez plutôt : elle vit seule avec son père depuis que sa mère est morte, c'est-à-dire depuis presque toujours. Son père c'est Jules, vingt-six ans d'errance et de conneries en tout genre, tuberculeux et junky.



Fatalement, Baby se retrouve dans un foyer d 'accueil où atterrissent, comme elle, les paumés de l'enfance. Mais la maison d'Isabelle, sa gardienne d'un temps, n'est pas son port d'attache... Sa ballade, d'ailleurs, ne l'attache à rien sinon aux misères de son père ou aux joies de son âge que sa condition rendent brèves. Elle assiste, impuissante, aux enfantillages d'un père qui veut pour son anniversaire un tatouage ou vole à l'hôpital le stéthoscope du docteur. Dans les quartiers mal famés, Baby ne porte pas l'insouciance de son nom et ses douze ans en valent souvent le double quand on la découvre face aux pires intempéries de la vie. Il sort de ce premier roman d' Heather O'Neill, un air forcément poignant de ballade, rauque, grave mais tendre aussi quand on sait que dans le pire, l'enfance n'interdit jamais d'imaginer le meilleur.

Les deux âmes de Frédéric Chopin

Publié par Frédéric POILBOUT | 15:32
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Jean-Yves Clément,
éd. Presses de la Renaissance
A partir de 13,30 € sur Amazon.fr


On célèbre cette nouvelle année les 200 ans du compositeur et pianiste virtuose Frédéric François Chopin. Jean-Yves Clément, auteur de plusieurs ouvrages sur ce grand génie de la musique restitue le parcours de cet être aux deux âmes : gai extérieurement, souffrant intérieurement, morbide et plein d'humour, affable et réservé, obscur et radieux comme le sont notamment ses Nocturnes. Cette dualité du personnage est une note constante dans la gamme du maître.


Chopin est révélé très tôt comme Mozart à qui il est vite comparé. Dés ses 8 ans, il joue face aux plus grands de Pologne. Il compose une musique qui s'étoffe et se tisse au gré de ses heurts. Le premier ton adolescent encore est fait de fraîcheur. La musique qu'il écrit par la suite sera celle de l' exil, plus tumultueuse et douloureuse. Sa Pologne, en guerre, qu'il a abandonnée, lui manque et ses Polonaises se feront à mesure de la distance et du temps plus nostalgique et déchirée. Son époque parisienne sera celle moins grave des Impromptus, et méditative des Nocturnes. Ses voyages successifs sont des fractures, qu'il fait ressentir dans ses compositions, ainsi qu'en témoigne sa célèbre Sonate funèbre. Le séjour à Majorque est une catastrophe, Chopin, malade et dépressif quitte l'île avec Sand à la fin d'un hiver malheureux. Il s'exile ensuite à Nohant, charmant écrin berrichon, qu'il voulait toujours et ne supportait jamais, selon la formule de Sand. C'est dans ce lieu déchirant que l'artiste créé ses plus grands chefs d'œuvre. Dans les deux dernières années de sa vie, Chopin est happé par la maladie et ses dernières compositions sont des odes nostalgiques à sa Pologne natale.
A travers ce portrait d'un homme terriblement ambigu, le biographe restaure tout le pittoresque d'une période romantique et révoltée. Ce récit qui nous plonge aux sources mêmes du génial Chopin se lit d'un seul souffle et transforme assurément l'écoute neuve de ses compositions.

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