Pirates des Caraïbes : jusqu'au bout du monde

Publié par Romain DOMEC | 15:51 Le 31 mai 2011
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Dernier opus en date d’une trilogie phénoménale, "Pirates des Caraïbes, jusqu’au bout du monde" est sorti en France dès le mardi 22 mai au soir. Les 6,5 millions d’entrées du précédent opus en France et le cap du milliard de dollars de bénéfice dans le monde justifient-ils l’attente suscitée par le dernier long-métrage de Gore Verbinski ?

Pirates des Caraïbes : jusqu'au bout du monde

Rappelez-vous : Jack Sparrow (Johnny Depp) a disparu corps et âme en affrontant le Kraken de Davy Jones (Bill Nighy). Ce dernier s’associe avec l’ignoble Lord Cutler Beckett (Tom Hollander) pour le contrôle des Sept mers tandis que Will (Orlando Bloom) et Elizabeth (Keira Knightley) s’en remettent à Tia Dalma (Naomie Harris) et Barbossa (Geoffrey Rush), un adversaire prétendu mort, pour échafauder un plan abracadabrant. C’est là que démarre l’intrigue de ce nouvel épisode : rassembler les neuf Seigneurs des pirates et organiser une résistance pour la survie de leur confrérie. Mais cela passe par la récupération de Jack Sparrow, prisonnier au-delà des limites du monde, et c’est Sao Feng (Chow Yun-Fat) qui détient les cartes de navigation pour allez le secourir.

A l’instar du précédent opus, cet épisode se caractérise lui aussi par un vide scénaristique absolu. Il faut à nouveau compter une heure pour que l’ensemble devienne vaguement cohérent. L’hystérie narrative est toujours au rendez-vous pour complexifier une histoire qui n’a pas besoin de l’être et l’on se sent souvent paumés dans les intérêts contradictoires des uns et des autres. Il n’empêche que l’on retrouve avec un certain plaisir un peu de la douce insouciance, de l’aventure et de l’auto-dérision du premier volet.

Toutefois, l’ambiance est plus sombre dans cet épisode, et les enjeux sont plus dramatiques. Il y a des morts, des trahisons, des déceptions. L’univers est toujours aussi saisissant et enthousiasmant. Le travail sur les décors, les costumes, les couleurs et la photo est renversant et participe à la crédibilité de cette œuvre de pure fantaisie. En outre, les effets spéciaux sont sublimes, que ce soit pour la restitution des lieux grandioses (Singapour, l’île des damnés) ou les scènes d’action mémorables (la bataille de fin). Même si l’ensemble est parfois confus ou trop belliqueux, on se surprend à en vouloir encore même après presque trois heures de film.

La distribution haut de gamme confirme le pari de la production d’avoir fait confiance à cette équipe. Johnny Depp est toujours aussi surréaliste et jubilatoire, Orlando Bloom est toujours aussi bien dans des rôles de jeune premier un peu idiot mais doué à l’épée, Keira Knightley est toujours aussi maigre et charmante. Les grosses valeurs ajoutées, à savoir Geoffrey Rush et l’immense Chow Yun-Fat sont au rendez-vous et tous les autres seconds rôles confirment la réussite et la continuité de la trilogie. C’est un vrai plaisir de retrouver cet univers et ces personnages hauts en couleur.

La trilogie s’ouvre comme elle se termine et nous gratifie d’une fin suffisamment ouverte et d’une scène finale post générique agréable pour imaginer à coup sûr l’arrivée dans les années qui viennent d’un nouvel épisode. Doit-on s’en plaindre ? La question dépend trop du spectateur lui-même : « Pirates des Caraïbes, jusqu’au bout du monde » est la quintessence de ce qui se fait en la matière. Il s’agit d’un pur film de détente qui se donne les moyens d’être réussi. Certes, il n’a rien d’aussi profond que le formidable « Still life » ou d’expérimental que « Amer béton », mais il assume totalement son statut. En allant au cinéma voir le dernier Gore Verbinski, on sait ce que l’on va voir, un peu comme avec « Spider-man 3 ». Sauf que là, c’est bien.

Triangle

Publié par Romain DOMEC | 17:06 Le 30 mai 2011
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Dernière production Milkyway Image à parvenir chez nous, « Triangle » est un triptyque ambitieux et enthousiasmant qui réunit trois des plus grands noms du cinéma de Hong Kong : Tsui Hark, Ringo Lam et Johnnie To. En sélection officielle du festival de Cannes 2007, ce cadavre exquis cinématographique est sans aucun doute le projet filmique le plus ambitieux de ces dernières années.

Triangle

Le concept : chaque réalisateur dispose d’une trentaine de minutes pour mettre en place un thriller policier qui ne repose sur aucun scénario pré-écrit. Chaque cinéaste a donc pleine liberté pour faire échos aux autres ou se mettre en rupture complète avec eux. Génies scéniques et plastiques du cinéma, les réalisateurs s’en donnent à cœur joie et finalement le style de chacun s’affirme et se reconnaît au fur et à mesure d’une histoire somme toute simple et classique.

Cinéma de l’exercice de style et de la virtuosité, le cinéma de Hong Kong n’est cependant pas celui de la narration. Ainsi, Tsui Hark jette les bases d’une banale histoire (trois hommes mêlés à la découverte d’un trésor que tout le monde convoite) que poursuit Ringo Lam en apportant toute l’épaisseur nécessaire aux personnages et à la narration pour enfin permettre à Johnnie To de nous gratifier d’un final aussi comique que sanglant.

Expérimental à souhait, « Triangle » nous présente trois segments tournés les uns après les autres et dont les cinéastes n’ont pu apprécier le résultat final qu’une fois le film monté. A l’instar d’une écriture à quatre mains, « Triangle » est réalisé par une tricéphale légendaire. Conséquence ? Mise en scène, ambiance, narration, et montage diffèrent selon le rôle de chacune des parties. Des images anonymes de Hong Kong peuvent être soudain supplantées par les vues les plus connues et touristiques, soulignant la totale liberté cinématographique de cet exercice de style. Résultat ? Le film est pétri d’incohérences et d’ellipses qui soulignent la désinvolture manifeste des trois réalisateurs qui s’affranchissent des codes habituels.

« Triangle » est pourtant une œuvre assez laborieuse dans son déroulement et un spectateur néophyte risque d’être un peu perdu dans ce mélange de genres décomplexé. Pour la forme ou la mémoire, rappelons que Tsui Hark a réalisé notamment « Il était une fois en Chine 1 & 2 », « Le festin chinois », « The Blade », « Time & Tide » ou encore « Seven Swords ». Que Ringo Lam est l’auteur d’une trilogie qui inspira Tarantino pour son « Reservoir Dogs », et qu’il a signé pour Hollywood plusieurs films d’arts martiaux avec Jean-Claude Van Damme avant de retourner sur Hong Kong. Que Johnnie To enfin est un habitué des festivals qui n’hésite pas à monter des projets ultra-commerciaux pour réaliser ensuite des œuvres plus personnelles. On lui doit notamment « The Mission », « P.T.U », « Breaking news », « Election 1 & 2 » ou encore « Exilé ».

Si la métaphore des trois personnages - trois cinéastes est facile, saluons tout de même les prestations de Simon Yam, Sun Hong Lei et Louis Koo, tous de grandes figures du cinéma de Hong Kong. L’alchimie entre eux est réelle alors qu’être dirigé par trois réalisateurs différents n’a pas du être chose facile. Si leurs personnages manquent évidemment de relief en grande partie à cause du concept, ils parviennent à tirer le meilleur de ce qu’on leur demande, même si bien évidemment « Triangle » n’est somme toute qu’un divertissement aux thèmes plutôt convenus (amitié, amour, trahison, violence, criminalité).

A cause de cet exercice de style périlleux, on pardonnera sans effort aux trois réalisateurs les écarts de narration et le manque de relief du récit, mais « Triangle » restera relativement obscur et difficile à cerner pour beaucoup. Restent la jubilation de découvrir la dernière œuvre du cinéma redevenu le plus intéressant de la planète, et le tour de force d’un cinéma expérimental à nous divertir et à tenir la route.

Le vieux jardin

Publié par Romain DOMEC | 14:39 Le 27 mai 2011
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Disponible en DVD à partir de 9,99 € sur Amazon.fr

Hyun-woo redevient libre après 17 ans d’emprisonnement. Alors qu’il découvre à nouveau son pays, ses souvenirs de jeunesse lui reviennent ainsi que les circonstances de son arrestation. Au début des années 80, suite au coup d’état ayant entraîné la mort du président tyrannique Park Chunghee en 1979, un vent de liberté s’empare de la population civile. Les manifestations sont durement réprimandées par l’armée et les meneurs envoyés en prison. Hyun-woo fuit les rafles et trouve refuge auprès de Yoon-hee, une jeune et belle institutrice. Entre eux va naître une histoire d’amour passionnée, mais Hyun-woo va finalement faire le choix de retourner à ses activités politiques. Capturé dès son retour à Séoul, sa sortie de prison lui rappelle les souvenirs de Yoon-hee et les moments heureux qu’ils ont partagé.

Le vieux Jardin

Réalisateur de l’excellent « President’s last bang », Im Sang-soo traite à nouveau du passé de son pays avec cette très belle histoire d’amour sur fond politique. Cinéaste contemplatif, Im Sang-soo pose sa caméra et filme la vie d’un homme bisé, hanté par la culpabilité et la raison de ses choix. Si la rhétorique du film pose l’amour comme la plus grande force sur cette terre, Im Sang-soo profite aussi de son long-métrage pour nous parler de déracinement, de choc culturel, de désorientation.

En outre, le réalisateur possède un véritable art filmique et nous gratifie de plans parfois anodins, parfois sublimes, où la mise en scène existe vraiment et où elle joue un rôle à part entière. Tourné en format Scope, le film est aussi un vrai plaisir visuel malheureusement encroûté un tantinet par un montage quelque peu maladroit. Il subsiste également quelques déchets filmiques qui transparaissent devant l’accumulation de scènes inutiles au récit.

En dépit de ces défauts mineurs, « le vieux jardin » éblouit de sa classe la pauvreté cinématographique actuelle. Servi par une paire de comédiens en état de grâce (Jin-hee Ji et Yum Jung-ah), le film distille brillamment toute une série de sentiments contradictoires et ne bascule jamais dans une mélancolie mièvre et facile. Les émotions sont nuancées mais au rendez-vous.

« Le vieux jardin » est somme toute un long-métrage réussi qui confirme tout le talent de son réalisateur Im Sang-soo.

Les promesses de l'ombre

Publié par Romain DOMEC | 13:29 Le 25 mai 2011
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David Cronenberg est une légende. Sa filmographie, ses thèmes, ses choix artistiques, sa mise en scène, font de lui un des plus importants et fascinants cinéastes de notre temps. Avec ses « promesses de l’ombre », il porte au sommet ses réflexions et son travail protéiformes sur l’être humain.

Les promesses de l'ombre

Dans un Londres morne et pluvieux qui s’apprête à fêter noël, une jeune femme de 14 ans meurt en donnant naissance à sa fille. Les traces de coups et de piqûres de la mère interpellent Anna (Naomi Watts) qui, en fouillant les effets personnels de la défunte, tombe sur un journal intime écrit en russe et la carte d’un restaurant. Pour exorciser son passé, Anna se met en tête de sauver de l’orphelinat la petite fille et fait traduire le journal. Les révélations qu’il contient amène Anna à croiser Semyon (Armin Mueller-Stahl), son fils Kirill (Vincent Cassel) et son chauffeur Nikolai (Viggo Mortensen), d’implacables membres de la mafia russe et de son code, le « vory v zakone ».

La filmographie de Cronenberg a la particularité d’offrir la même constance narrative quel que soit le style de l’œuvre mise en scène. Si ses premières œuvres ont pour thème le corps humain altéré par des scientifiques (« Frissons » [1976], « Rage » [1977], « Chromosome 3 » [1979], « Scanners » [1981], « Videodrome » [1983], « La mouche » [1986], « Faux semblants » [1988]), ses œuvres plus contemporaines s’éloignent progressivement de la chair pour se concentrer sur la psychologie, la perception, l’opposition entre réalité et fiction (« Le festin nu » [1991], « Crash » [1996], « eXistenZ » [1999], « Spider » [2002], « History of Violence » [2005]).

Qu’il parle de chaos, de compromis, d’auto-expérimentation, de sensation, Cronenberg se distingue par un style pragmatique, voire clinique, de la narration. Rien n’est jamais montré gratuitement, rien n’est laissé au hasard, rien n’est fioriture. Son dernier long-métrage ne déroge pas à la règle et même s’il n’est pas aussi abouti scénaristiquement que les précédentes œuvres du maître, Cronenberg parvient à tirer le meilleur d’une histoire simple (quoique truffée de rebondissements) pour distiller des réflexions sur l’être humain dignes de Dostoïevski.

L’autre tour de force du réalisateur est de transformer un polar âpre et violent en une histoire d’amour stylée. Alors que Cronenberg s’approprie et modernise les codes du film de gangsters, il en profite pour mettre en exergue l’érotisme d’une relation impossible et imposer la compassion et l’amour au-dessus de tout. Par ailleurs, sa fascination pour l’organique est toujours aussi présente. Il nous gratifie ainsi de scènes sanglantes et malsaines à souhait où le corps est mis à mal. Pour Cronenberg, la chair n’est que souffrance, la vie ne se fait ressentir qu’à travers la souffrance, dans l’apprentissage de ce que c’est qu’exister.

Comme à son habitude, le cinéaste signe une ambiance réussie et maîtrisée du début à la fin. Un soin tout particulier a été apporté pour que le film respire l’authenticité. Les tatouages, les rites de la mafia russe, le code d’honneur, sont autant d’éléments qui viennent insuffler du réalisme à l’œuvre. Comme dans son précédent film, Cronenberg fascine par sa recherche de la justification d’avoir recours à la violence. Il en découle certaines séquences dures et sanglantes justifiant l’interdiction aux moins de 12 ans, notamment une scène remarquablement brutale de combat qui mérite de faire déjà partie des grands moments de l’Histoire du Cinéma.

L’intensité visuelle du long-métrage, renforcée par la remarquable musique d’Howard Shore (compositeur attitré de Cronenberg depuis des années), insuffle un malaise et une tension palpables tout au long de l’histoire. Théâtre de cet effrayant spectacle, la ville de Londres n’a jamais parue si glaciale et triste, comme le dernier écueil de monstres sans âmes. Seul le faux « happy end » nous fait encore espérer qu’il existe une once d’humanité pouvant surgir de personnages aussi désespérés.

La distribution des « promesses de l’ombre » est tout simplement exceptionnelle. Viggo Mortensen distille une prestation renversante et glaciale, calculatrice et menaçante. Son personnage s’oppose au sanguin et colérique Kirill interprété par Vincent Cassel, malheureusement trop juste dans ce rôle et écrasé par les performances des autres protagonistes. Armin Mueller-Stahl (Vu dans « Music Box » de Costa-Gavras) signe une apparition époustouflante, toute en subtilité et en nuances. Son personnage est un démon froid et calculateur qui va insidieusement traquer la belle et fragile Naomi Watts. A l’aise dans son rôle de femme fragile mais déterminée, la très hitchcockienne comédienne britannique ne fait que confirmer film après film qu’elle est une des valeurs sûres du cinéma d’aujourd’hui.

Doté d’une puissance narrative exceptionnelle, d’une ambiance magistrale, et d’interprètes remarquables, les « promesses de l’ombre » est capable de nous surprendre et de nous mettre mal à l’aise malgré la relative simplicité de son intrigue. Les « promesses de l’ombre » est très certainement ce qui se fait de mieux aujourd’hui au Cinéma. David Cronenberg est une légende (bis). David Cronenberg est un des plus grands génies filmiques de l’Histoire.

Sweeney Todd

Publié par Romain DOMEC | 10:57 Le 19 mai 2011
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A partir de 12,12 € sur Amazon.fr

Adaptation d’une comédie musicale à succès de Broadway, « Sweeney Todd » est la sixième collaboration des surdoués Tim Burton et Johnny Depp. Habitués des productions macabres, les deux artistes se surpassent dans une fresque sublimement mise en scène mais décevante sur le fond.

Sweeney Todd

Dans une ville de Londres aux allures victoriennes des plus sombres, Sweeney Todd revient sur les traces du Juge Turpin qui quinze ans plus tôt le fit emprisonner pour jouir à sa place de sa famille. Privé pendant toutes ces années de sa femme et de sa fille, le diabolique barbier de Fleet Street a soif de vengeance et, aidé de Mlle Lovett, met en place un stratagème démoniaque pour attirer sous le fil de son rasoir son ancien bourreau.

Connu pour ses thèmes de prédilection, son style et son travail d’auteur, Tim Burton revient au sommet de sa forme avec un long-métrage musical qui ravira les aficionados du gore et du gothique par sa noirceur morbide et son côté macabre fulgurant. Pétrie d’humour noir, cette chronique acerbe et sanglante à souhait nous invite à voir la vengeance d’un homme du peuple sur une aristocratie toute puissante et corrompue. Tout y est : amour, haine, cruauté, trahison. Pourtant, le film manque paradoxalement d’émotion, sans doute à cause d’un excès de style et d’hémoglobine. L’avalanche d’horreur invite le spectateur à prendre énormément de recul par rapport à l’histoire et de fait, le détache de la tragédie qui se déroule sous ses yeux.

Néanmoins, les décors sublimes, les images exceptionnelles, un sens du cadre au sommet, une mise en scène juste et inspirée, une musique de circonstance, nous rappellent la réussite flagrante du long-métrage. Cinéaste de la forme et de l’esthétisme, Tim Burton nous livre un bijou visuel qui rend presque anecdotique les chants de ses protagonistes. Le réalisateur nous dispense également de ballets interminables et grandiloquents pour rester sur le nœud dramatique d’un scénario somme toute classique. Car c’est malheureusement là que réside la grande faiblesse de « Sweeney Todd » : même s’il regorge de rebondissements, ceux-ci sont trop prévisibles pour tenir en alerte le spectateur. Pire, ce long-métrage ressemble presque plus à une commande de studio qu’à une œuvre vraiment personnelle du maître, comme si on avait demandé à Burton de faire du Burton. Il n’empêche que la réussite visuelle est indéniable et les interprètes remarquables.

Saluons donc la prestation d’un casting exceptionnel et tout en voix emmené par l’éminent Johnny Depp. Après « Edward aux mains d’argent », « Ed Wood », « Sleepy Hollow », « Charlie et la chocolaterie » et les « Noces funèbres », l’association de ces deux grands du Cinéma fait mouche une fois de plus. Inquiétant, macabre, fou, Johnny Depp trouve en Helena Bonham Carter la partenaire idéale pour ce rôle. L’immense Alan Rickman incarne à merveille un juge concupiscant, pervers et corrompu, tandis que l’étonnant Sacha Baron Cohen (mais si, rappelez-vous, Borat et Ali G, c’est lui) détonne dans un rôle de barbier Italien très en verve.

Sans grande surprise, le dernier Burton regorge de qualités et constitue une belle expérience cinématographique. Néanmoins, « Sweeny Todd » demeure une œuvre assez prévisible et peu personnelle mais heureusement servie par une réalisation exceptionnelle et des comédiens inspirés.

Le Christ selon Jésus

Publié par Frédéric POILBOUT | 22:21 Le 18 mai 2011
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Eric Denimal, éd. Presses de la Renaissance
A partir de 18,53 € sur Amazon.fr

Eric Denimal, spécialiste de la vulgarisation biblique, s'attache à retracer le parcours du Christ tel que lui- même s'est représenté. Pour parvenir à dessiner ce portrait, l'auteur s'appuie sur l'Evangile de Marc, le plus ancien et le plus concis des quatre Évangiles. En ces heures de naissance du christianisme, Marc devient le premier témoin écrit à décrire le Christ, fils de Dieu personnage inattendu en ces termes. Inattendu aussi à Bethléem. Jésus déroute et dérange. Il commence son ministère par exercer une pratique d'exorcisme dans une synagogue...  Mais qui est donc cet homme ? S'interroge-t-on. Cet homme qui pardonne les péchés à l'instar de Dieu, qui guérit les malades  à l'instar de Dieu, qui multiplie les pains à l'instar de Dieu mais qui meurt comme un homme sur la croix. « Un charpentier sans atelier », en fait.


L'auteur formule les pérégrinations de ce 3G antique (guérisseur-gourou-guide) en des tournures bien trouvées et des images qui font mouche. Petit extrait pour preuve : « Tout commence avec un long meeting durant lequel Jésus propose un discours fleuve à la Fidel Castro pour des fidèles accros sans casse-croûte. » Car son but est bien encore de dépoussiérer le catéchisme à l'ancienne pour éclairer la destinée et la parole de cet être « incroyable mais vrai ». On revit les grands moments de cet homme -les miracles, le procès, la mort, la résurrection-  maintes fois racontées le dimanche matin, mais réécrit sur un ton plus "vespéral"... Le Christ selon Jésus peut donc se lire comme la biographie moderne d'un être au message d'amour intemporel.

SEMIANYKI (LA FAMILLE)

Publié par Téri TRISOLINI | 10:27 Le 17 mai 2011
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De et par Alexander Gusarov, Olga Eliseeva, Marina Makhaeva, Yulia Sergeeva, Kasyan Ryvkin, Elena Sadkova directeur de la compagnie et scénographe Boris Petrushanskiy
Plateau et effets spéciaux Ravil Baygeldinov lumières Valery Brusilovskiy son Sergey Ivanov plateau Nikolay Orlov, Murad Kutuev habilleuse Anna Mamontova

SEMIANYKI (LA FAMILLE)

Semianyki ou La Famille : le portrait acide d’une famille "frappadingue". Une lutte incessante pour le pouvoir entre le père, alcoolique, qui menace de partir, la mère, enceinte, qui menace d’accoucher, et une armée de marmots déjantés et créatifs qui menacent de trucider père et mère pour exister. (…)

Atypique, loufoque, parfois cruelle, mais aussi (et surtout) aimante, généreuse et attachante, voilà les qualificatifs qui définissent d’emblée la Famille Semianyki. Ensuite, une longue liste peut en découler, tant aller à la rencontre de cette drôle de tribu est une expérience humaine et émotionnelle intense !

SEMIANYKI (LA FAMILLE)

La Famille vous reçoit chez elle, sans manière, avec une simplicité et un naturel, peut être déconcertant mais qui fait franchement plaisir ! Et de suivre le quotidien de ces 6 membres et demi, pour le moins côcasses avec des parents follement et fiévreusement amoureux, un père embué quelque peu lointain, une mère entre vamp et louve, 4 enfants espiègles mais unis envers et contre tout, plus un ou 2 ancêtres facétieux, tous liés par un sentiment d’amour indéfectible.

SEMIANYKI (LA FAMILLE)

Alors bienvenue dans la Famille Semianyki, la seule qui contredit fièrement et haut le cœur le fameux « Famille je vous hais » d’André Gide et dont on ne peut que désirer rejoindre la farandole ! SEMIANYKI (LA FAMILLE), c’est aussi une troupe d’artistes exceptionnels ! Issus de l’Ecole de Théâtre de Clown et Mime de St-Petersbourg, les 6 comédiens Russes nous envolent dans un univers clownesque, burlesque et toujours emprunt d’une profond tendresse. A aimer passionnément et à applaudir follement !

SEMIANYKI (LA FAMILLE)
Au théâtre du Rond-Point
Salle Renaud-Barrault (relâche les lundis)
Du 3 mai au 2 juillet 2011 à 20:30 dimanche, 15:00 relâche le lundi 2 juin
2 bis avenue Franklin D. Roosevelt 75008 Paris
Réservation : 01 44 95 98 21
Tarifs : -30 ans 14 € / Carte Imagine R 10 €

CitéStyle, coup de pouce aux créateurs de banlieue

Publié par Andie | 12:59 Le 16 mai 2011
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Le prix CitéStyle distingue tous les ans un(e) jeune styliste de banlieue et favorise ainsi leur entrée le milieu très fermé de la mode. A la clef, une bourse, un coaching et une collaboration avec Bershka, partenaire du prix. Après avoir épluché une cinquantaine de candidatures sous forme de mini-collections automne-hiver, le jury a reçu en entretien 5 finalistes pour finalement récompenser Nouchi Xiong, jeune maman d'Evreux.


C'est pour Nouchi Xiong un rêve d'enfant qui devient réalité. Elle qui a toujours été passionnée par la mode et le dessin a gagné grâce à des illustrations spécialement réalisées pour le concours et représentatives de son univers. Parce qu'en plus du style et du talent, la personnalité compte beaucoup dans ce prix : le jury, présidé par Gérard Darmon (cofondateur du collectif anti-discrimination), a porté un intérêt particulier aux ambitions des jeunes stylistes. Le but de Nouchi Xiong, qui vend déjà des accessoires, est d'intégrer une formation en couture afin de pouvoir fabriquer les vêtements qu'elle dessine puis de monter une micro-entreprise de vente par internet. A plus terme, elle aimerait ouvrir des boutiques de son label et créer des pièces dignes des créations de Haute Couture, mais toujours accessibles.
C'est le même esprit qui transparaît chez Sabra Kerrouche, lauréate du prix CitéStyle 2010. Cette distinction a été pour elle un tremplin et une occasion de montrer aux jeunes d'Aulnay que le milieu de la mode n'est pas inaccessible. Après avoir déposé sa marque AulPeople, en 2006, elle a fait défiler, grâce au prix, des jeunes de banlieue, qui, comme elle a une époque, ne s'étaient vu proposer aucune formation ni aucun avenir qui ne les intéresse vraiment...

Juste entre nous, vaudeville à la croate

Publié par Andie | 19:16 Le 11 mai 2011
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Juste entre nous, comédie dramatique croate de Rajko Grlic

Avec Miki Manojlovic et Bojan Navojec.
87 minutes


L'histoire de Juste Entre Nous, film croate sorti aujourd'hui sur nos écrans, est de la banalité des meilleurs vaudevilles. Pourtant, c'est un petit bijou à voir absolument.

"Nous", ce sont deux frères, Nikola et Braco, et toutes les femmes de leur vie, dont les destins s'entrecroisent de façon indissociable. On ne sait plus lesquelles couchent avec qui, ni dans quel ordre. On ne sait plus non plus, à la fin, laquelle, de la douleur, de la passion et de la convention sociale, prime sur les autres. C'est un film où les pistes se brouillent, et où la petite histoire se fond dans la grande, avec les déchirements de la guerre en ex-Yougoslavie, entre un frère qui a quitté le pays pour faire fortune et l'autre qui a pris les armes.
Plus qu'un film, c'est un tableau. Un tableau comme ceux que peignait le père de Nikola et Braco entre deux femmes. Un tableau qui raconte en filigrane un pays qui se reconstruit. Un tableau où toutes les notes s'accordent à merveille pour composer une fresque.

300

Publié par Romain DOMEC | 14:52 Le 9 mai 2011
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Réalisé par Zack Snyder
Avec Gerard Butler, Lena Headey, Rodrigo Santoro
Film américain.
Genre : Péplum, Guerre, Action
Durée : 1h 55min.
A partir de 5,79 € en DVD sur Amazon.fr

Sparte. Une philosophie, une ville, un art de la guerre. Sparte et la légendaire bataille des Thermopyles. Sparte et son roi Léonidas, qui, pour un idéal, un héritage séculaire, une ligne de conduite, emmène ses 300 meilleurs soldats à une mort certaine.

Nous sommes au Ve siècle avant Jésus-Christ. La Grèce est divisée et devient la cible du puissant Empire Perse, dirigé par Xerxès, Ie fils de Darios. A la demande de soumission totale et d'un lourd tribut à payer, Léonidas répond par la force en tuant l'émissaire Perse, déclenchant ainsi une guerre qui semble perdue d'avance. Le roi part donc avec l'élite de son armée, sans le soutien de l'Assemblée et des Ephores. Leur haut fait guerrier et leur sacrifice conduiront la Grèce a enfin s'unir pour anéantir l'armée Perse et poser les premiers jalons de la démocratie.

300

C'est la bataille des Thermopyles qui a inspiré au génial Frank Miller (l'auteur des romans graphiques "Sin City") une bande dessinée totalement culte et belliqueuse, "300", d'abord sortie en plusieurs parties en 1998 puis enfin publiée en un seul tome en 1999. D'un style épuré et radical, l'oeuvre de Frank Miller ne s'embarrasse pas des contraintes historiques et narratives classiques et prend surtout comme prétexte une fantastique épopée guerrière pour nous parler de liberté et de démocratie.

On retrouve cette rhétorique dans le film éponyme de Zack Snyder qui reprend le même principe qui avait fait le succès de l'adaptation de "Sin City" : retranscrire presque image par image le découpage de la bande dessinée. Le montage et les angles choisis pour la mise en scène sont très fidèles à l'oeuvre initiale : le cinéma est totalement au service de la bande dessinée. Il en découle par conséquent un léger chaos narratif car il n'y a pas vraiment de liant, pas vraiment d'épaisseur scénaristique. Tout est principalement centré autour de la bataille, même si certaines libertés ont été prises quant au matériau originel pour étoffer un tantinet l'histoire avec des ressorts politiques. Les puristes le regretteront peut-être, mais la volonté de prendre du recul par rapport aux scènes d'action permet au spectateur de souffler et au long-métrage de se permettre des écarts de rythme salutaires. Pour le reste, toutes les scènes clés de la bande dessinée sont magnifiquement adaptées : on retrouve les mêmes angles excessivement fuyants, une certaine science de l'exagération, l'abus des plongées et contre plongées, l'alternance de sublimes gros plans et plans d'ensemble, etc.

Il serait réducteur de parler du film en termes simplement guerriers, mais il faut savoir aussi de quoi l'on parle, de ce que le spectateur va voir : une bataille. Par conséquent, l'histoire du film, à l'instar de celle du roman graphique, est essentiellement centrée sur le champ de bataille, la gloire du combattant, l'exaltation guerrière totale. Inutile de se mentir, "300" est un film violent et obsessionnel, presque un prétexte pour légitimer la guerre au rang d'un art à part entière. Les personnages sont totalement déifiés, tantôt exubérants, tantôt décadents, dans la juste ligne de mire de Frank Miller. La chorégraphie des combats est époustouflante et magnifiée par une mise en scène inspirée et un montage efficace. L'adaptation cinématographique transcende l'univers de l'auteur, lui donne une vie, une âme.

Si l'ensemble tient aussi bien la route, c'est aussi grâce à des personnages très réussis et un casting judicieux car reposant exclusivement sur une communauté guerrière. Le roi Léonidas est incarné par Gerard Butler vu notamment dans le "Fantôme de l'Opéra" du médiocre Joel Schumacher. Ses capacités athlétiques, son penchant à hurler la moindre phrase et sa jouissance à l'idée de se battre font de lui l'interprète rêvé du personnage mythique. Pour lui donner la réplique, à part des figurants aux physiques de catcheurs, on croise le chemin de David Wenham – Faramir dans "Le Seigneur des Anneaux" – et de la belle Lena Headey – déjà vue dans les "Frères Grimm"– qui campe à merveille l'épouse et reine de Sparte.

Le grand parti pris du film repose également sur un tournage intégralement en studio et une dose massive de postproduction. Le résultat ? Les images transpirent le numérique à un niveau rarement atteint. Le moindre élément du fond, le plus petit détail du ciel, chacune des couleurs et des nuances... Tout est faux. Au spectateur de décider si cela gêne ou non l'histoire. A l'instar du scénario où l'on sait d'avance que l'on ne va assister qu'à la narration d'une bataille, les producteurs assument totalement et mettent en avant la numérisation quasi totale du long-métrage. Que l'on aime ou pas, on ne peut toutefois que saluer le travail remarquable et les efforts pour créer un style unique et cohérent. On ne peut que s'incliner devant l'ingéniosité, la richesse de l'univers et les trouvailles visuelles de Frank Miller.

Oui, le film est bardé de défauts avec un casting constitué quasi exclusivement de brutes sculpturales, des dialogues minimalistes et sans grands reliefs dont la seule vocation est de réveiller la bête en nous. Oui, tout est numérique et grandiloquent. Oui, Zack Snyder fait souvent et lourdement référence aux "classiques" du genre ("Gladiator", "Braveheart", "Spartacus", etc.) et empreinte leur panache. Mais que l'on aime ou pas le genre, que l'on soit cinéphile ou pas, "300" est – objectivement – l'archétype même du film réussi car il va jusqu'au bout de son concept, car il assume totalement ses partis pris. Le long-métrage de Zack Snyder est ce qu'il est : une adaptation réussie d'un roman graphique des plus belliqueux. Cinématographiquement mineur, "300" appartient à cette catégorie de longs-métrages qui reposent aussi sur une philosophie filmique à part entière : tout assumer jusqu'au bout, aller au climax de son concept. Pari osé, pari réussi.

C'est ça, Sparte !

Le bonheur est dans le cœur des enfants

Publié par Sébastien MICHEL | 14:18
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Les enfants sont la mémoire des hommes
De Louise Gaggini,
Paris, éd. Multitudes, septembre 2007, CD audio offert à l’intérieur
A partir de 37,05 € sur Amazon.fr

L’histoire du passage du monde d’une équation à une autre. De « 1+1 = 3 » à « 1+I au carré = 0 ». C’est là la meilleure façon de présenter Les enfants sont la mémoire des hommes, de Louise Gaggini dont les bénéfices des ventes seront adressées à l’UNICEF. Ce « conte philosophique » qui s’adresse aux adultes est illustré par l’auteur lui-même dont les tableaux ont une double fonction : ils activent l’imagination en représentant le sens dans sa totalité et servent de miroir qu’il faut traverser pour renaître. Par ailleurs, un C.D. audio accompagne cet ouvrage. Le public peut ainsi écouter l’histoire racontée oralement.

Les enfants sont la mémoire des hommes

"Simplement heureux". Dans sa quête de l’art total, la descendante du sculpteur sicilien du XVIème siècle, Antonello Gaggini, raconte, sans sombrer dans le pathos, l’immergence de l’humanité dans le chaos et son émergence espérée. Pour ce faire, l’auteur s’appuie sur le récit biblique qu’elle dévoie à de nouvelles fins. Notre histoire commence donc avec un roi et une princesse qui « étaient vraiment particuliers. Ils n’avaient pas besoin d’apprendre les choses, ils les savaient et c’était tout. » Ce qui suffisait amplement à leur bonheur. Les illustrations de ce temps sont des miniatures de tableaux figurant des espaces ouverts et bleus. Pas à pas, le monde s’emplit sans se départir de sa joie d’exister car « Les hommes et les femmes faisaient des rêves d’enfants et les enfants, évidemment, faisaient des rêves d’enfants. »

Quand l’imposture prend valeur d’éthique, le chaos se manifeste, expulsant les enfants du monde : « Peu à peu et inexorablement pourtant, le livre des hommes grignota le livre des légendes. » Louise Gaggini dépose ce qui semble former des preuves contre « le monde des hommes » : « Clonages, rapts, violences, guerres, argent, pouvoir, manipulations, meurtres… ». Face à ces récits, dans les tableaux de l’auteur, des coupures du journal Le Monde – le choix du titre n’est pas fortuit – font leur apparition. Plus on avance dans le conte, plus ces coupures prennent de l’ampleur jusqu’à évincer toute forme de rêve. Et le dernier enfant de s’interroger : « Les hommes ont des lunettes/ et des grands parapluies./ Les parapluies sont pour la/ pluie, mais les lunettes ? »

Pour en finir avec le déluge. L’enfance est forcée au silence, à la disparition. Elle laisse un monde en « dissolution » où « La peur avait pénétré les hommes qui avaient, étrangement et avec la même intensité, à la fois peur de vivre et peur de mourir. » Sous un ciel toujours pluvieux, est accompli ce que Paul Ricœur nomme « l’effort de mémoire ». « Le monde des hommes » se remémore la diversité des choses qui suffisait à son bonheur : « Dans le noir qui les entourait, ils commencèrent à se souvenir combien le bleu était beau. Ils se souvinrent de la lumière, des fleurs, des arbres, du soleil et de taches de rousseur. » Le mur de l’histoire est alors percé par la parole légendaire, utopique, imitant le style métaphorique de la Bible : « le roi de “Il était une fois” ramena à leur mémoire une phrase du livre des légendes ;/ “J’ai placé devant toi une porte ouverte que nul ne peut fermer…” (…) Alors si les enfants vivent, un jour les hommes auront des ailes, et ce jour là c’est sûr, le monde sera beau… » car « seule l’utopie unique des enfants, dont tu as été, te sauvera de tes combats douteux. »

« Être tout ». A la fin de son ouvrage, Louise Gaggini inclut une courte autobiographie. On y apprend sa filiation au sculpteur italien Antonello Gaggini, mais aussi son enfance marquée par l’anorexie. Adulte, elle comprend qu’elle n’est entière que pour les enfants qui ne la réduisent pas à son origine juive : « Que je sois chrétienne, musulmane, juive, italienne, gitane ou je ne sais quoi, ils s’en fichaient. Entre eux et moi c’était une histoire d’amour. » Elle est là la motivation du beau conte en mesure de prétendre à l’entièreté artistique Les enfants sont la mémoire des hommes. Louise Gaggini explique son travail : « Peindre et écrire pour que dans un monde où les exactions sont choses communes, on n’oublie pas de transmettre aux enfants, la beauté, l’art de vivre et l’art d’aimer. » Belle revanche pour l’enfance qui, pour une fois, reprend le dessus sur les hommes à qui elle apprend comme il est facile d’être heureux.

Article original écrit et publié par Ali CHIBANI

Le Psoriasis, ça vous parle ? vous avez déjà entendu ce mot ? Peut-être même êtes vous déjà concerné snas le savoir encore ? Selon le site Wikipédia, le psoriasis est "une maladie de la peau d'origine mal connue, en partie génétique. Cette affection dermatologique touche 1 à 3 % de la population mondiale, aussi bien chez les femmes que chez les hommes". Bref, une maladie qui, lorsqu'elle vous touche, ne vous permet pas de vous mettre à nue sereinement. La vie devient vite "compliquée" et vivre avec un fardeau de plus, et un stress latent.

Pourtant, le psoriasis se soigne et les symptômes peuvent être très largement atténués. Encore faut-il le savoir, et avoir accès à ces informations, de manière regroupée.



C'est pourquoi L’Association Pour la Lutte Contre le Psoriasis (APLCP) lance une campagne de prévention et d'information intitulée "Je ne me cache plus". Elle vise à combattre les idées reçues sur cette maladie avec un ton volontairement décalé : vidéos humoristiques, site internet ludique, applications mobiles ou kits d’information sont au programme de cette campagne.


Le site propose également de nombreux témoignages de personnes touchées par la maladie et qui ont appris à vivre avec. Les traitements existants sont également présentés, comme la biothérapie notamment. Car lee psoriasis bénéficie d’un arsenal thérapeutique varié qui améliore les symptômes et les conditions de vie des patients touchés par ce syndrome.

Cependant, encore 1 patient sur 5 ne bénéficie par d'une véritable prise en charge, et restent en conséquence repliés sur eux-même. Alors, si vous êtes concerné(e)s ou que vous avez, dans votre entourage, une personne qui l'est, foncez sur le site Je ne me cache plus.com.

Hard Rock

Publié par Frédéric POILBOUT | 10:46
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De Christian Eudeline,

éd. Hors Collection, 160 p.
A partir de 18 € sur Amazon.fr

Leur nom -Vulcain, Black Sabbath, Satan Jokers- vient tout droit des enfers, leur musique se réclame de la puissance tellurique, leur look se veut toujours décalé voire terrifiant… Les groupes de hard, nés dans la ferveur des années 60, font éclater depuis près de 40 ans ce cri primal hurlé à l’encontre de la société », selon la formule de l’auteur Christian Eudeline.



A l’origine du heavy metal (traduit par hard rock en français !) il y a un premier morceau hard Helter Skelter des Beatles en 1968. Les Cream, Hendrix, les Yardbirds participent à l’émergence de cette veine dure du rock. On considère aussi Led Zeppelin comme l’un des premiers pionniers du heavy, ce groupe de quatre anglais va lui donner ses premières caractéristiques : la puissance sonore. On suit le destin de ce groupe de légende qui en influencera plus tard tant d’autres : les Guns, AC/DC, Metallica,…

En tout l’auteur présente plus d’une centaine de groupes qui ont marqué et façonné les différentes générations de hard, créant différents courants , toujours aussi « hardents » : death, black, punk, nu ou crash metal, doom, hard core, crin core… Le heavy est devenu une grande famille qui rapproche dans ses décibels hurlantes les parents et leurs rejetons rebelles. Ce tour d’horizon historique du hard ranime les anciennes idoles oubliées, Pat Benatar, Motorhead, Scorpions, et rappelle les succès des dernières stars en date, Manson, Slipknot, et les Français, Mass Hysteria, Lofofora ou encore Pleymo.

Cet ouvrage consacré à l’histoire complète de la révolution hard rock est sans nulle doute la référence actuelle en la matière. A découvrir entre deux morceaux bien pesés, en silence, pour assoupir un moment ses oreilles avant de savourer le prochain cri primal de votre groupe favori.

Un endroit pour vivre

Publié par Frédéric POILBOUT | 10:43 Le 5 mai 2011
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De Philippe Blondel,
Actes sud Junior, 80 p.
A partir de 7,41 € sur Amazon.fr

La collection d’une seule voix d’Actes sud Junior propose des romans brefs aux caractères spécialement étudiés pour faciliter une lecture à voix haute.



Ce que l’on entend dans le récit de Philippe Blondel, c’est la parole d’un ado pour raconter ce qu’il est et ce qu’il a, sa famille, sa passion pour les livres et ses failles en écriture. Ces confidences sont aussi celles de la douleur : le narrateur n’a pas supporté le discours de son proviseur, privant les jeunes d’un endroit pour vivre. Le nouveau boss veut du travail, de la discipline et des résultats. Plus question de fricotter ou de s’asseoir dans les couloirs. Contre cette discipline de fer, notre écrivain en herbe manie sa plume pour dire ses états d’âme et manipule sa caméra pour témoigner d’une vie après le règlement… Il révèle, se révèle, et réveille les consciences. Un roman pour les jeunes qui sent bon l’air frais entre les lignes, grave aussi quand découvre par touche l’intérieur du personnage. Bref, à mettre entre toutes les mains.

Spécial dédicace

Publié par Frédéric POILBOUT | 11:03 Le 4 mai 2011
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De Lilan Bathelot,
éd. Jigal
A partir de 13,30 € sur Amazon.fr

Les éditions Jigal, expertes en fameux polars, lancent leur première réédition avec ce premier volume de la trilogie sétoise du talentueux Lilian Berthelot. Retour sur les faits et méfaits de sa « Spécial dédicace » : tout commence à Sète où l’air sent bon le pastis et les écumes mais moins bon les affaires.



Surtout pour celles du Président, un élu du coin qui par un soir de mauvaise lune, sur le coin d’une route, a pris un homme en état d’agonie avancée pour un méchant tueur.

Voilà le Président qui se rend compte de retour chez lui de sa non-assistance, ce qui fatalement pourrait, pour un homme de sa trempe électorale, lui porter préjudice… Car le hic, le gros hic, c’est que traînaient par là deux loustics, Marcel et Fernand qui ont vu la Safrane du Président se débiner.

Les deux compères sont pourtant pas dû genre à l’ouvrir, d’autant qu’il transbahutaient ce soir-là une palanquée de gnôle en toute illégalité. Ils font quand même leur B. A. et c’est Fernand qui s’y colle pour veiller sur le quasi-mort tandis que son ami d’infortune va chercher du secours. Sauf que pendant ce temps, les choses vont se compliquer pour tous… Le Président aura tout de même le Divisionnaire pour copain et avocat. En cas de pépin, ça isole un peu moins…

L’auteur de Spécial Dédicace, qui a l’art de tracasser ses personnages, manie l’embrouille et l’angoisse comme un jongleur de torches enflammées. C’est si bon de voir tous ces dangers, toujours à portée de main et ne jamais retomber sur le spectateur… Spécial dédicace vaut jusqu’au bout décidément bien plus qu’une seule réédition.

Hunger Games, tome 3, La Révolte

Publié par Frédéric POILBOUT | 22:19 Le 3 mai 2011
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De Suzanne Collins
éd. Pocket jeunesse

A partir de 17,01 € sur Amazon.fr


La trilogie Hunger Games de Suzanne Collins s'achève dans la révolte finale  : les peuples, divisés en 13 districts, soumis au pouvoir central, le Capitole, ont pris les armes pour tenter de gagner leur liberté après avoir assisté au combat héroïque dans l'arène infernale de Katniss, la fille du feu et de son compagnon d'infortune Peeta. Mais la victoire des opprimés est loin d'être acquise. Peeta, emprisonné dans sa tour d'ivoire appelle à la télé à un cessez-le-feu ce qui indigne les rebelles. Cette manipulation de Peeta est sans nulle doute une idée de Snow le chef du Capitole... Katniss, quant à elle, fomente son retour de chef rebelle avec la complicité de Gale et des pontes du district treize. Ils commencent par tourner une série de spots de propagande qui mettent en avant la fille du feu, figure symbolique de la résistance  Le Capitole réplique aussitôt... La victoire finale commence d'abord par celle des images avant d'engager le sacrifice des peuples.


Ce dernier tome fait étrangement écho aujourd'hui aux révolutions en cours en Afrique. Quand la science-fiction rattrape l'Histoire, on se dit que la saga de Collins, entamée il y a deux ans, a quelque chose en elle de prémonitoire. Ce dernier tome prend donc une tournure différente des précédents. Ce qui est en jeu ,ce n'est plus seulement la survie d'une héroïne attachante dans un monde clôt, empli de dangers de morts à tous les coins de page  mais celle de tout un peuple qui aspire à sortir de la terreur en suivant les traces du Geai moqueur. Le jeu sanguinaire des Hunger Games tourne à la révolte politique et cette ultime mouture peut décevoir le lecteur initié aux précédents tomes parce que l'intrigue prend une tournure collective, parce que les relations, nouées dans les précédents tomes deviennent parfois plus opaques. On lira ce dernier volume avec la curiosité, voire l'avidité, du lecteur impatient des fins de saga, en vous promettant au passage toute une série de saisissants coups de poing et coups de théâtre jusqu'au rideau final.

Ballerina

Publié par Téri TRISOLINI | 10:26
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Un film documentaire de Bertrand Normand (France)
Durée : 1h17
Distribution : Floris Films
A partir de 14,49 € sur Amazon.fr

"Etoile : n.f. Astre fixe qui brille par sa lumière propre."
Figuré : Personne qui brille d’un vif éclat par son talent.



Avec "Ballerina", Bertrand Normand nous ouvre les portes du célèbre Théâtre Mariinski, à Saint-Petersbourg, à la rencontre de cinq ballerines éblouissantes. Cinq étoiles. Nouvelle venue dans le corps de ballet ou soliste confirmée, chacune d’elle nous invite à partager une certaine intimité, qui, si elle est bien singulière dégage la même passion, rigueur et dévotion sans borne à l’art de la danse.

Et quand parfois pointe un début de fatigue ou de lassitude, face à cette exigence quotidienne implacable, les ballerines se reprennent dés que se rappelle à elles l’enthousiasme d’un public, fidèle et reconnaissant d’avoir pu partager un moment d’émotions pures grâce à elles. Néanmoins, l’endurance et la pugnacité dont elles font montre, à son revers. Dépasser ses limites peut pousser à l’imprudence. Et c’est souvent la blessure qui gagne. Danser au Théâtre Mariinski, comme au Bolchoï ou à l’Opéra de Paris, a donc un prix. Ulyana Lopatkine, Diana Vichneva, Svetlana Zakharova, Alina Somova et Evgenia Obraztsova, l’ont compris et se vouent corps et âme à leur rêve de Ballerines : danser pour incarner et interpréter les milles émotions humaines, à travers les plus beaux ballets. "Ballerina" c’est plus qu’une entrée dans les coulisses de la danse, c’est une invitation à la danse, en compagnie de cinq étoiles.

"La danseuse-étoile, étincelante, d'une blancheur de diamant, portée par ses jambes puissantes, hissée sur la pointe des pieds cambrés, ployait son buste léger, son dos de cygne, ses bras minces, prodige d'acrobatie et de grâce dansante, volante, tourbillonnante, portée par le vent de la musique (TRIOLET, Prem. accroc, 1945, p. 297)."

Lexik des cités

Publié par Frédéric POILBOUT | 12:27 Le 2 mai 2011
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Collectif Permis de vivre la Ville,
éd. Fleuve Noir, 384 p.
A partir de 18,91 €sur Amazon.fr

Ce bouquin, il déchire grave ! Y’a zga les mots de la téci là-dedans, expliqués et tout ! Trop chanmé d’avoir un lexik comme le dico, zarma !



Le collectif Permis de vivre la ville a passé trois ans de travail à collecter, compiler, illustrer ce langage sensible qui a poussé en marge des centres villes dans des territoires où l’on dit l’éducation prioritaire. Parce qu’ils ont une histoire, une étymologie, une polysémie, ces mots ont leur place, et pas qu’au pied des larges barres où ils ont grandi. Le but du collectif est simple : faire comprendre à tous, ces mots de jeunes, émigrés de l’Afrique, de l’argot, du verlan ou du gitan, pour, dixit, "se faire comprendre et restaurer le dialogue entre les générations". Épaulés par une experte en sociolinguistique et des profs de lettres, les jeunes auteurs se sont amusés à restaurer le contexte, l’origine, la nature et le sens de ces mots qui ont mauvaise réputation en y ajoutant une illustration -graph, tag, BD- toujours bourrée d’humour. Les dessins des Z, du gueuch ou du bédo, ils tuent grave !

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